France : la natalité est au plus bas depuis la Seconde guerre mondiale (SYNTHESE)

Par : Laura |  Mots clés : France-natalité-bébé
French.china.org.cn | Mis à jour le 30-09-2023
Agence de presse Xinhua | 30. 09. 2023

En 2022, 726.000 bébés sont nés en France, soit 2,2 % de moins qu'en 2021, selon une étude de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) publiée le 28 septembre. C'est le nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Plusieurs raisons sont en cause dont le manque de modes de garde et les difficultés financières.

"Les naissances sont ainsi inférieures de 20,8 % par rapport au pic de l'après-guerre en 1971, et de 12,8 % par rapport à 2010, dernier point haut avant une nouvelle tendance à la baisse", indique l'Insee sur son site Internet.

Après un léger rebond en 2021, la baisse des naissances a repris au milieu de l'année 2022. A noter que la baisse est la plus forte pour les mères de 25 à 34 ans, la tranche d'âge durant laquelle les femmes sont les plus fécondes. Ce constat s'applique à tout le territoire français.

La première partie de l'année 2023 confirme ce recul de la natalité. Aux deux tiers de l'année, on note environ 35.000 naissances de moins en 2023 qu'en 2022, soit une baisse de 7,2%. "Si on part de l'hypothèse que cette tendance se poursuit, le nombre de naissances pourrait ne pas dépasser la barre des 700.000 en 2023, un seuil symbolique", a expliqué Chloé Tavan, responsable de la division enquêtes et études démographiques de l'Insee, citée par le quotidien Le Figaro.

Pourquoi les Français ont-ils moins d'enfants, et pourquoi cette tendance va-t-elle se poursuivre ? Les démographes peinent à se mettre d'accord sur la réponse à cette question. Sur le plan politique, la remise en cause de la politique familiale sous le quinquennat de François Hollande, ancien président français, est citée comme une des premières causes de cette baisse par le démographe Gérard-François Dumont. "La guerre en Ukraine et l'inflation de ces derniers mois semblent venir accentuer ce déclin. Cette baisse s'explique par une somme de facteurs", a noté Laurent Chalard, géographe à l'European Centre for International Affairs.

Le sujet de la natalité intéresse les Associations familiales Catholiques (AFC) qui ont commandé une enquête à l'IFOP en juillet 2023. Selon les AFC, les Français annoncent vouloir en moyenne 2,39 enfants, mais n'en ont qu'environ 1,8. Parmi les explications, les problèmes de mode de garde des jeunes enfants (soit coûteux soit inaccessibles faute de places disponibles) constituent la principale raison de renoncement à avoir un enfant supplémentaire, pour 47% des sondés. Le manque de ressources financières ou l'absence d'un emploi arrivent juste derrière pour 44% des personnes ayant répondu à l'enquête de l'IFOP.

Par ailleurs, certains démographes estiment que la décision d'avoir un enfant est complexe, et réside sur un pari à long terme, et une projection dans l'avenir. Le phénomène "childfree" ou "no kids", venu des Etats-Unis, connaît un certains succès chez les plus jeunes, comme le rapportent La Conversion écologique des Français (PUF, 2023).

L'Insee rappelle dans son étude que dans l'ensemble de l'Union européenne (UE), 3,9 millions de bébés sont nés en 2022, soit 4,9% de moins qu'en 2021, une baisse supérieure à celle observée en France. Les pays les plus marqués par cette baisse sont l'Estonie et la Grèce, et dans une moindre mesure, la Finlande, la Pologne, le Danemark, l'Allemagne, ou encore les Pays-Bas. Le seul pays dans lequel les naissances sont en augmentation est le Portugal.

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Source: Agence de presse Xinhua
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