Des militants africains appellent à la mise en place de systèmes alimentaires respectueux de la nature pour lutter contre la faim
French.china.org.cn | Mis à jour le 08-09-2023
Le passage à des systèmes agricoles en harmonie avec la nature pourrait être la solution à la crise de la faim et de la malnutrition qui affecte de nombreux pays africains, ont déclaré jeudi des militants lors de la Semaine africaine du climat à Nairobi, capitale du Kenya.
Les militants de l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), un groupe de pression écologique, ont fait remarquer que les pratiques agricoles qui préservent la santé des écosystèmes vitaux, y compris les forêts et les tourbières, aideraient le continent à surmonter la faim, la pauvreté et la crise climatique.
Bridget Mugambe, coordinatrice de programme à l'AFSA, a déclaré que la production de denrées alimentaires dans le respect de l'environnement offrait des solutions rentables aux chocs climatiques qui frappent de plein fouet de nombreux pays africains.
"Certaines de ces pratiques respectueuses de la nature, comme l'agriculture biologique par opposition à l'agriculture chimique intensive, sont idéales pour les petits exploitants africains, car elles garantissent une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu'une résilience au climat", a indiqué Mme Mugambe.
Le Kenya accueille la Semaine africaine du climat, qui se termine vendredi, parallèlement au Sommet africain du climat, qui s'est achevé mercredi et a attiré plus de 10.000 participants, dont des chefs d'Etat et de gouvernement.
Mme Mugambe a noté que la Semaine africaine du climat offrait au continent l'occasion de réimaginer ses systèmes alimentaires et de les aligner sur la nature et les pratiques culturelles indigènes.
Karen Nekesa, coprésidente du groupe de travail de l'AFSA sur le changement climatique, a estimé que l'adoption de systèmes de production alimentaire centrés sur l'homme, biologiques et sans carbone aiderait l'Afrique à atteindre les objectifs de neutralité carbone, tout en renforçant la résilience des agriculteurs de subsistance, des éleveurs et des pêcheurs qui subissent de plein fouet les catastrophes climatiques.
Selon Mme Nekesa, les pays africains qui ont adopté des politiques et des législations visant à développer des systèmes agricoles respectueux de la nature ont mieux réagi aux urgences climatiques telles que les sécheresses récurrentes, le stress hydrique et la disparition d'espèces.
Elle a ajouté que les petits exploitants agricoles du continent devraient s'appuyer sur les connaissances indigènes, les innovations et l'apprentissage par les pairs pour leur permettre de développer des pratiques de production alimentaire à faibles émissions.
Anne Maina, coordinatrice nationale de l'Association kenyane pour la biodiversité et la biosécurité, a déclaré que les pays africains devraient aider les agriculteurs locaux à conserver les variétés de semences qui se sont avérées résistantes au stress climatique.
En outre, Mme Maina a fait remarquer que l'intégration de l'agroécologie, qui repose sur une relation harmonieuse entre la nature et la production alimentaire, s'était avérée efficace pour stabiliser le climat au niveau local dans l'ensemble de la région de l'Afrique subsaharienne.







