Burkina Faso : les travailleurs du syndicat "Action sociale" annoncent une série de manifestations

Par :  |  Mots clés : Burkina-manifestation-SYNTAS
French.china.org.cn | Mis à jour le 13-04-2018

Le Syndicat des travailleurs de l'Action sociale (SYNTAS) a annoncé des sit-in les 18 et 19 avril prochains, suivis d'un arrêt de travail de 96 heures sur toute l'étendue du territoire burkinabé du mardi 24 au vendredi 27 avril 2018 pour exiger du gouvernement de meilleures conditions de vie et de travail, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

"En dépit des actions multiformes développées, notre plateforme revendicative minimale n'a pas connu un examen sérieux", a expliqué le secrétaire général du SYNTAS, Juste Koumara Logobana.

M. Logobana a expliqué que les travailleurs de l'Action sociale avaient pour moyens de pression, entre autres, la suspension de la transmission des rapports d'activité et de la réalisation des enquêtes sociales ainsi que l'interruption de la publication des constats de catastrophes.

Les travailleurs de l'Action sociale exigent notamment l'adoption d'un statut particulier pour les personnels du ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, la dotation des services du ministère en équipements et moyens logistiques suffisants pour une meilleure prise en charge de leur public cible et le rétablissement de l'indemnité spéciale d'accueil ou de permanence supprimée en 2011.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré est confronté à une multitude de revendications sociales, notamment dans le secteur public où les agents réclament de meilleures conditions de vie et de travail ainsi qu'une redistribution équitable des fruits de la croissance.

Dans son discours sur la situation de la Nation prononcé jeudi devant le Parlement, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a estimé que la cohésion était mise à mal par les revendications sociales des syndicats qui menacent "gravement" l'équilibre macro-économique avec une impossibilité de financer le développement.

Il a rappelé que les charges du personnel de la fonction publique étaient passées de 332,34 milliards de francs CFA en 2012 à 618 milliards de francs CFA en 2017 avec une variation de 86% des dépenses de personnel.

Soulignant que le pays vivait au-dessus de ses moyens, le Premier ministre a laissé entendre que le taux de croissance tournait autour de 5,4% alors que les dépenses du personnel avaient augmenté de 11,72% entre 2012 et 2017, contre une moyenne de 35% pour l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

"Ce rythme d'expansion des dépenses salariales est insoutenable et réduit la compétitivité de l'économie nationale", a affirmé M. Thiéba.

C'est pourquoi le gouvernement a entrepris d'organiser une conférence nationale sur la réforme des rémunérations des agents de la fonction publique qui vise à réconcilier les Burkinabés avec leurs fonctionnaires, a-t-il expliqué.

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Source: Agence de presse Xinhua
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