Le manque de structures sanitaires et l'analphabétisme freinent les politiques de santé reproductive en Afrique de l'ouest
Le manque de structures sanitaires et l'analphabétisme sont les principaux freins aux politiques de santé reproductive, ont estimé des religieux et spécialistes participant, à Dakar, à une consultation régionale des leaders confessionnels sur l'accès aux services de santé.
"Il n'y a pas assez de structures de santé pour accueillir les femmes enceintes dans les zones les plus reculées et les services de santé qui existent sont difficiles d'accès", a déploré l'émir de la ville de Shonga au Nigéria, Dr Haliru Yahaya, parlant de son pays.
"A cause de cette situation, 111 femmes ou filles meurent, chaque jour, des complications lors d'accouchements", a-t-il souligné.
"Le faible niveau de scolarisation constitue aussi un frein à la réussite des politiques de santé", a-t-il relevé expliquant que "l'éducation des filles est prise en compte dans le Sud du Nigéria, mais pas dans le Nord parce que le pays compte différentes zones géopolitiques qui n'ont pas les mêmes réalités culturelles".
"Il faut tenir compte de ces réalités socioculturelles quand on élabore des programmes de santé et d'éducation, sans oublier la pauvreté puisque 70% des Nigérians vivent avec moins d'un dollar par jour", a-t-il affirmé.
Aussi, a-t-il fait remarquer, "l'absence d'un gouvernement unitaire est un problème au Nigéria. Les 35 Etats n'ont pas toujours les mêmes positions sur des questions de santé et d'éducation".
Il a estimé qu'"il faut des actions concertées entre tous les Etats et les leaders religieux du pays pour que les efforts en politique de santé reproductive et d'éducation ne soient pas vains".
De son côté, la directrice nationale de la santé de la reproduction en République de Guinée, Dr Aissatou Diallo, a soutenu que, dans son pays, "les principaux obstacles aux politiques de santé de la reproduction sont l'analphabétisme estimé à 70% et la faible accessibilité aux services sanitaire".
"Le statut de la femme pose également problème parce qu'elle n'a pas souvent la possibilité de discuter de sa sexualité", a-t-elle regretté avant de déplorer "la faible implication de certains leaders confessionnels et la mauvaise interprétation de certains textes religieux".
Cependant, a-t-elle noté, "il y a des religieux qui participent à la lutte contre la mortalité maternelle, néo-natale et infantile, en soutenant les programmes de planification familiale dans notre pays où la prévalence contraceptive est de 6% avec en moyenne 5 enfants par femme".
L'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Mohammed Ibn Chambas, a relevé que "l'Afrique de l'Ouest est affectée par plusieurs problèmes dont Ebola, le terrorisme, les agissements de Boko Haram dans différents pays, etc.".
"Cette situation peut conduire à la violence extrême et contribue à un faible accès à l'éducation et à une augmentation du taux de mortalité dans la sous-région", a-t-il prévenu.
"Les leaders religieux et traditionnels sont les principaux piliers dans plusieurs pays, il faut les impliquer dans la résolution des conflits", a-t-il préconisé.
"Ils sont aussi les meilleurs alliés pour surmonter les pratiques culturelles souvent enracinées et pouvant être des obstacles à l'éducation des filles à la réussite des politiques de santé", a-t-il enfin estimé. Fi
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