La presse russe affirme que la France cherche à revendre ses deux porte-hélicoptères Mistral à la Chine

Par : Vivienne |  Mots clés : Moscou,France,Mistral
French.china.org.cn | Mis à jour le 12-05-2015

Selon le reportage publié par un site web russe le 6 mai, le journal français Le Figaro aurait laissé entendre que Paris étudiait actuellement ses options dans le cas où les deux porte-hélicoptères Vladivostok et Sébastopol ne seraient pas livrés à Moscou : les deux bâtiments de guerre pourraient ainsi être démolis, récupérés comme déchets ou coulés en haute mer. Cette dernière option semble pour le moins surprenante.

Selon un officiel de l'armée française, aucune mesure de ce type ne sera autorisée, ne serait-ce que du point de vue des ouvriers du chantier naval de Saint-Nazaire. Or, la possibilité que la France garde ces deux bâtiments de guerre pour son propre usage inspire le doute. Premièrement, Paris est en train de réduire son budget militaire. Deuxièmement, la Russie a déjà payé 890 millions d'euros pour l'achat des deux porte-hélicoptères fabriqués spécialement pour elle, selon les normes russes. Les travaux de reconstruction et de transformation, indispensables pour un usage par l'armée française, coûteraient des centaines de millions d'euros.

Selon Le Figaro, le traitement des deux navires pose problème. Le seul moyen de les sauver et d'éviter leur destruction est de trouver un nouvel acheteur. Une personnalité de l'armée française a indiqué que tout traitement des navires coûterait extrêmement cher.

En juin 2011, une société d'importation pour la défense nationale de la Russie et la société française DCNS ont signé un accord de 1,2 milliard d'euros portant sur la construction de deux porte-hélicoptères de classe Mistral pour la Russie. Selon les termes du contrat, le premier bâtiment de guerre devait être livré le 1er novembre 2014. Cependant, le contrat a été suspendu par Paris en raison de la crise ukrainienne.

Selon Alexander Khramchikhin, directeur adjoint de l'Institut d'analyse et de recherche politique et militaire de Russie, la France n'est pas en mesure de transformer ces deux bâtiments de guerre construits spécialement pour l'armée russe et destinés principalement à l'usage dans les régions polaires. Parmi les pays acheteurs éventuels cités par la presse, seul le Canada possède un territoire au climat similaire. Cependant, le Canada n'a pas le même besoin de porte-hélicoptères de classe Mistral, et serait obligé de les transformer selon ses propres normes, ce qui serait bien trop coûteux. Bien que dans le cadre de l'OTAN, le Canada ait besoin de ce bâtiment de guerre plus que la Russie, il n'est pas évident que le pays puisse dépenser une somme colossale pour ces navires. Par conséquent, il est effectivement possible que les deux porte-hélicoptères soient récupérés pour un nouvel usage.

Selon M. Shcherbakov, un expert militaire russe, la récupération pour un nouvel usage exige aussi d'énormes dépenses et n'apportera pas forcément de bénéfices. A la différence des vieux navires construits dans les années 1970 dans l'ancienne URSS, les porte-hélicoptères de classe Mistral ne donneront pas une grande quantité de métal rentable après leur récupération. Il est d'avis que couler les deux navires constitue un plan plus faisable. Le problème est qu'aucun pays n'acceptera le prix imposé par la France à la Russie pour acheter les porte-hélicoptères de classe Mistral. L'Australie a refusé d'acheter les porte-hélicoptères français pour les deux raisons suivantes : leur différend sur le lieu de construction des deux navires et le prix trop élevé.

Le président français François Hollande semble prêt à rendre à la Russie la somme versée lors de la signature du contrat, tandis que les 1,2 milliard d'euros deviendront un fardeau budgétaire pour le gouvernement français, car la société DCNS n'a commis aucune erreur. L'avenir de ces porte-hélicoptères est un problème épineux, la marine française n'ayant pas besoin d'eux puisqu'elle en possède déjà trois de la même classe. Théoriquement parlant, les forces alliées de l'OTAN pourraient les acheter, mais ces forces n'existent pratiquement pas, car elles sont composées temporairement de troupes en effectifs limités. L'Europe n'a pas besoin de ces navires, et les Etats-Unis ont leurs propres bâtiments de guerre. Par conséquent, la dernière solution est de les vendre au rabais, par exemple au prix de 400 millions d'euros, au lieu de 1,2 milliard. Dans ce cas-là, la France finirait par trouver un acheteur. Les pertes financières seraient lourdes, mais le pays récupèrerait au moins la moitié de son investissement.

Selon une source, si la France revendait ces deux navires, la Chine, le Brésil, l'Inde ou le Canada pourraient les acheter. Le Brésil, nourri d'une forte ambition pour la construction de bâtiments de guerre et le développement de ses forces navales, y compris avec la construction de sous-marins à propulsion nucléaire, connaît pourtant des problèmes économiques d'une gravité incertaine. La source estime que le Brésil, l'Inde ou la Chine pourraient être intéressés par les deux porte-hélicoptères, mais pas au prix accepté par la Russie. Les Chinois envisagent de construire des navires similaires, et veulent savoir tout ce qui a été fait sur les deux navires. Il est possible que les Chinois coopèrent avec le chantier naval de la mer Baltique de Russie pour les transformer selon leurs propres normes. Les Mistral conviendraient également à l'Inde, qui est engagée dans un développement vigoureux de ses forces marines. Cependant, ces deux clients éventuels négocieraient durement, à la fois sur le prix et sur le transfert de technologie, ce qui fait que les contrats ne pourraient être signés dans l'immédiat.

D'une manière générale, la France dispose de plusieurs solutions possible, tout dépend de la position des dirigeants français et américain. Si les Etats-Unis décident finalement de détruire par ce moyen la capacité de la défense nationale de Russie, ils trouveront certainement de l'argent dans leur budget colossal pour acheter les deux navires français et en faire des cibles d'attaque lors de leurs exercices militaires.

Pour l'ancien chef d'état-major général de la Marine russe Victor Kravchenko, les porte-hélicoptères de classe Mistral peuvent être transformés selon les normes des forces navales d'autres pays, mais les travaux exigeront des dépenses considérables. Quant à la réutilisation des deux navires, des pays comme l'Inde veulent toujours acheter de gros navires pour récupérer du métal. Bien entendu, pour savoir combien d'argent on peut gagner, il faudrait élaborer un projet commercial, car on utilise beaucoup de matériaux composites pour construire un porte-hélicoptère dont la carrosserie a été fabriquée en métal.

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Source: french.china.org.cn
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