Une belle histoire dans les annales des échanges culturels sino-marocains


Cette année marque le 56e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Maroc. Il y a un demi-siècle, de jeunes chinois sont arrivés au Maroc, après avoir traversé l'océan, pour poursuivre des études dans ce beau pays d'Afrique du Nord. Ils ont été témoins du développement des relations amicales entre les deux pays, et font partie de la belle histoire des annales des échanges culturels sino-marocains.
La Chine et le Maroc sont liés par des échanges lointains et une amitié profonde. Selon des documents historiques, un Chinois nommé Du Huan s'est rendu au Maroc durant la dynastie des Tang, au milieu du 7e siècle ; Wang Dayuan, un grand voyageur chinois ayant vécu sous les Yuan au 13e siècle, foula lui aussi le sol de ce vieux pays d'Afrique du Nord. En 1346, sur les conseils du Prophète recommandant d'« Aller chercher la science, même en Chine », le grand voyageur marocain Ibn Battuta est venu en Chine après avoir surmonté de nombreuses difficultés. Ibn Battuta, né en 1304 à Tangier, fut l'un des quatre grands voyageurs du monde au Moyen-Age. Rêvant de la civilisation orientale depuis son enfance, il se mit en route à l'âge de 22 ans et arriva en Chine en 1347, où il séjourna 3 ans pour visiter Beijing, Hangzhou, Guangzhou et Quanzhou. Dans ses récits de voyage, il dépeint la Chine et son économie, sa société, sa culture, ses religions, ses us et coutumes. Feu le premier ministre chinois Zhou Enlai a fait l'éloge d'Ibn Battuta lors de sa visite au Maroc en 1963 : « Ibn Battuta a apporté une contribution importante à la connaissance de la Chine dans le monde arabe, le monde musulman, le monde entier. Il a joué un rôle actif dans le dialogue entre les civilisations orientales et occidentales ». Ces exemples nous rappellent que les échanges culturels entre la Chine et le Maroc remontent à loin.
Le Maroc, qui a établi des relations diplomatiques avec la Chine en 1958, a été le deuxième pays africain à nouer des relations diplomatiques avec la Chine nouvelle. La visite officielle effectuée par le premier ministre Zhou Enlai au Maroc en 1963 a été couronnée d'un plein succès, et a contribué à la promotion de l'élargissement et du développement des relations sino-marocaines. Tout comme les relations de coopération dans d'autres domaines, les échanges culturels sino-marocains ont connu un prompt développement. En 1964, le gouvernement chinois a envoyé 30 étudiants au Maroc pour la première fois, un événement culturel important à l'issue de la visite de Zhou Enlai.
L'envoi d'étudiants chinois au Maroc résulte du grand développement de la diplomatie chinoise dans les années 1960. La visite couronnée de succès du premier ministre Zhou Enlai dans 14 pays asiatiques et africains en 1963 a permis de créer une excellente situation pour le développement de la diplomatie chinoise, en faisant de la formation d'un grand nombre de professionnels connaissant des langues étrangères une priorité urgente. Zhou Enlai a décidé en personne d'envoyer des étudiants chinois à l'étranger, et surtout d'en sélectionner parmi les jeunes venant de terminer le lycée pour former des experts de langues étrangères de haut niveau dans les meilleurs délais.
En suivant les directives du premier ministre, la Chine a sélectionné en 1964 400 diplômés de lycées de Beijing, Tianjin, Shanghai et de la province du Jiangsu, qui ont été envoyés en France, à Cuba, au Maroc et en Algérie. Parmi ces 400 jeunes, 30 sont partis au Maroc.
Un demi-siècle s'est écoulé depuis. Les jeunes étudiants d'autrefois sont aujourd'hui bien âgés. Mais ils gardent toujours un souvenir frais de leur expérience. Récemment, ils ont publié un album de commémoration avec une collection de photos de l'époque et d'articles, pour exprimer leurs sentiments de nostalgie.
« Le 25 septembre 1964, nous sommes enfin partis. Nous avons quitté Beijing à destination de Rabat, la capitale du Maroc, en passant par Irkutsk et Moscou. Après plusieurs vols, nous sommes enfin arrivés à Rabat à la veille de la Fête nationale du 1er octobre. Nous avons commencé notre vie d'étudiants au Maroc », raconte un passage.
« Étant donné que nous avons commencé à apprendre le français en commençant par l'alphabet, il n'était pas réaliste d'intégrer tout de suite une université marocaine. C'est pourquoi la première année, des professeurs marocains sont venus nous dispenser des cours préparatoires à domicile. Nous avons rapidement fait des progrès en lecture et en conversation, mais l'étude systématique de la grammaire nous manquait. Nous avons invité des diplomates de l'ambassade de Chine qui connaissaient le français à nous donner à tour de rôle des cours pour remédier à ce problème. L'année suivante, nous étions capables de suivre des cours à l'Université Mohammed V à Agdal avec les étudiants marocains ».
« La ville de Rabat, très calme avec ses paysages pittoresques, a été surnommée la Genève d'Afrique par le maréchal Chen Yi. Pendant notre temps libre, après les cours intensifs, nous avons eu l'occasion de visiter plusieurs villes marocaines, ce qui nous a permis d'avoir une idée de l'histoire et de la culture de ce pays doté d'une ancienne civilisation. La plage de Rabat était idéale pour nager et profiter du soleil. Nous sommes souvent allés nager dans l'Atlantique. L'hospitalité des Marocains nous a laissé une profonde impression. Nous étions souvent invités à des soirées organisées sur le campus ou chez des camarades de classe marocains ».
« Selon le plan d'origine, nous aurions dû étudier 5 ans au Maroc. Mais notre séjour a été vite affecté par l'éclatement de la Révolution culturelle en Chine. Au début de l'année 1967, nous avons reçu une directive de retour en Chine. C'est ainsi que notre séjour de deux ans au Maroc s'est achevé en toute hâte ».
L'Album commémoratif sur les 50 ans d'études au Maroc a fait l'objet d'une vive attention et d'une haute appréciation de Jaafar Alj Hakim, ambassadeur du Maroc en Chine. Il a écrit dans la préface de l'album avec grand plaisir : « Tout en menant une vie exaltante en terre étrangère, loin de leur pays natal, ces premiers étudiants ont travaillé assidûment, ce qui leur a valu de nombreux éloges de la part de leurs camarades de classe et de leurs professeurs marocains. Polis, solidaires et toujours souriants, ils ont laissé une profonde impression à tous ceux qui les ont fréquentés. Pionniers de la mobilité étudiante entre nos deux pays, ils ont ouvert la voie à un flux régulier d'étudiants chinois et marocains ayant choisi de poursuivre leurs études supérieures dans l'autre pays ».
Dernièrement, quelques représentants de ces étudiants chinois sont retournés au Maroc où ils ont été assaillis par mille sentiments de joie et de fierté, car ils ont tous été témoins de l'amitié croissante entre la Chine et le Maroc et y ont apporté leur contribution. Comme l'écrit l'ambassadeur Jaafar Alj Hakim : « C'est dans la compréhension mutuelle de nos jeunesses et dans leurs échanges que réside la force de nos relations et que se trouvent les clés de notre avenir ».
(Traduction d'un article en chinois rédigé par M. Shen Xiaoquan)
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