Des archives françaises déclassifiées sur l'agression japonaise en Chine offertes à Zhijiang, haut lieu de la capitulation de 1945
Trois jeunes Chinois et Français ont récemment fait don d'archives françaises déclassifiées relatives à l'agression japonaise en Chine à un mémorial de Zhijiang, dans la province chinoise du Hunan (centre). Ce don est venu clore un périple de onze jours à travers plusieurs villes chinoises.
Le 20 août, les Français Marcus Détrez, Bastien Ratat et le Chinois Zhong Haosong ont remis les documents au Mémorial de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et de l'acceptation de la capitulation du Japon, après une cérémonie de recueillement sur le site où des représentants japonais avaient signé un mémorandum de capitulation le 21 août 1945.
Ces archives documentent des événements clés de l'histoire du Hunan pendant la guerre : la situation tendue à Changsha en 1936, la destruction de quatre avions japonais lors d'une opération de défense aérienne à Hengyang en 1938, l'impact stratégique de la deuxième bataille de Changsha, ainsi que le transfert d'universités vers Changsha durant la guerre.
"Ce dossier témoigne de la résistance héroïque du peuple du Hunan pendant la guerre contre le fascisme. Ils ont tenu tête jusqu'au bout aux agresseurs, sans jamais abandonner", a déclaré M. Zhong.
Ce don marque l'étape finale du périple qui a conduit le trio à Chongqing, Kunming, Shanghai, Nanjing et Wuhan depuis la mi-août, au cours duquel ils ont offert à titre gracieux à des institutions chinoises des archives historiques, retrouvées et rapportées de l'étranger.
"Le choix de Zhijiang comme dernière étape est hautement symbolique. C'est d'ici que nous voulons partir pour porter la paix et la vérité dans le monde en attendant que le Japon présente ses excuses officielles", a expliqué le jeune Chinois.
Wu Jianhong, directeur du mémorial, a remercié les trois jeunes pour leurs efforts transfrontaliers. "Nous poursuivons depuis des années un travail systématique de collecte, de numérisation et de valorisation des archives et veillerons à ce que ces nouveaux documents parlent à l'histoire et transmettent la flamme de la paix", a-t-il souligné.
Selon M. Détrez, il reste encore de nombreux documents oubliés dans les archives, en attente d'être redécouverts.
A l'époque, certains témoins occidentaux neutres ont vécu et enregistré l'agression japonaise en Chine. Ils sont partis de ces archives. Lorsque des témoins français, suisses, britanniques et chinois disent exactement la même chose, les faits, tels que le massacre de Nanjing, les bombardements de Chongqing et l'unité 731, ne laissent plus de place au doute, a-t-il affirmé.
"Mon objectif n'est pas de créer de la haine contre le Japon ou contre les Japonais d'aujourd'hui. Ce serait complètement contraire à ma démarche", a expliqué M. Détrez, en soulignant que le sens de leur travail est de "connaître le passé pour construire une paix plus solide dans le futur".
M. Ratat a précisé que l'équipe poursuivrait son travail et a exprimé l'espoir que davantage d'amis internationaux rejoindraient leur alliance pour la paix et viendraient en Chine pour voir de leurs propres yeux son développement et son histoire.
Depuis février 2025, les trois jeunes se sont rendus sept fois en Chine et ont fait don de plusieurs milliers de pages de documents à des institutions chinoises, comprenant 618 photographies prises et conservées par le grand-père de M. Détrez, près de 3.000 pages de documents français déclassifiés ainsi que des documents collectés au Japon.








