Publication d'un inventaire des bronzes chinois perdus à l'étranger
Un inventaire en soixante volumes documentant plus de 23.000 objets anciens en bronze chinois dispersés à l'étranger a récemment été publié par les Editions Shanghai Classics.
La publication de ces ouvrages marque la première enquête et classification systématiques par la Chine de l'état des reliques culturelles importantes en bronze dispersées à l'étranger.
Le projet a débuté en 2012, lorsque l'Administration nationale du patrimoine culturel de Chine a chargé l'Université de Pékin de faire l'état des lieux précis des reliques culturelles perdues du pays.
La publication de ces ouvrages marque la première enquête et classification systématiques en Chine de l'état des principales reliques culturelles en bronze dispersés à l'étranger.
Dirigée par le professeur Zhu Fenghan, l'équipe de recherche de l'université a visité plus de 260 institutions dans plus de dix pays pour retracer les reliques dispersées et les documents associés, ainsi que rencontré des collectionneurs privés.
M. Zhu, également rédacteur en chef des ouvrages, a déclaré que les études antérieures de ce type se concentraient principalement sur les cloches, chaudrons et vases rituels en bronze. Cet inventaire catégorise près de 300 types d'objets en bronze, allant des armes, outils, lampes et supports de miroirs aux fers, râteaux à charbon et dés. Un exemple est un support de lampe en forme humaine actuellement conservé au Minneapolis Institute of Art.
Auparavant, les chercheurs chinois et étrangers supposaient généralement qu'il y avait plus de 3.000 bronzes chinois dans les collections étrangères. Cependant, l'"Inventaire des bronzes chinois dans les collections étrangères" a multiplié ce chiffre par plus de sept.
"Nous avons créé une pièce d'identité pour chaque relique", a indiqué M. Zhu. L'équipe a constaté que seules quelques reliques possèdent des enregistrements clairs de commerce légal, de dons diplomatiques ou d'exportation légitime.
Comme le souligne l'inventaire, les principaux canaux par lesquels ces bronzes ont quitté la Chine de la fin du 19e siècle au milieu du 20e siècle étaient le pillage, la contrebande et le butin de guerre. Les collectionneurs et marchands occidentaux en ont acheté de grandes quantités par l'intermédiaire d'agents en Chine, formant ainsi une chaîne d'approvisionnement illégale.
S'exprimant lors de la conférence de presse pour la publication des ouvrages, Zhu Ye, directrice adjointe du département des échanges de l'Administration nationale du patrimoine culturel, a qualifié les bronzes de symbole central de la civilisation chinoise. L'inventaire, a-t-elle déclaré, crée une base de données interrégionale et traçable qui pourrait soutenir les futurs efforts de récupération.
Les experts chinois en reliques culturelles sont généralement préoccupés par le fait que l'absence d'une "chaîne de preuves" constitue le plus grand obstacle à la récupération. Ge Liang, expert en bronzes au Musée de Shanghai, dans l'est de la Chine, a expliqué qu'il est difficile de trouver des preuves confirmant une "acquisition illégale".
Duan Yong, directeur du Centre de recherche sur les reliques culturelles chinoises à l'étranger à l'Université de Shanghai, a indiqué que la Chine devrait poursuivre le retour des bronzes et autres reliques étape par étape, en se concentrant sur les priorités et la négociation rationnelle. F








