L'acte de tuer en temps de guerre ne doit pas être décidé par l'IA (responsable du CICR)
L'acte de tuer en temps de guerre doit toujours être une décision humaine, et non une décision prise par l'intelligence artificielle (IA), a déclaré mercredi un haut responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui considère l'IA à la fois comme une préoccupation et une opportunité pour l'aide humanitaire dans les zones de guerre.
L'IA est l'un des mots-clés du Forum de Boao pour l'Asie de cette année, qui se tient dans la province de Hainan, dans le sud de la Chine. Alors que les entrepreneurs et les décideurs politiques discutent de la manière d'utiliser l'IA pour accroître la productivité et le bien-être de l'humanité, Balthasar Staehelin, chef de la délégation régionale du CICR pour l'Asie de l'Est, a exprimé ses inquiétudes sur l'application de l'IA dans les systèmes d'armes.
M. Staehelin, qui est également envoyé personnel du président du CICR en Chine, a déclaré lors d'une interview accordée à Xinhua en marge du Forum de Boao qu'il existait un risque élevé que l'IA soit utilisée dans des systèmes d'armes à l'autonomie croissante.
M. Staehelin a également mis en garde contre les risques posés par la désinformation et la mésinformation générées par l'IA, précisant qu'elles pouvaient mettre en danger les populations vulnérables. Il a noté, par exemple, que les informations nuisibles sur les maladies transmissibles pouvaient être plus dangereuses que l'épidémie elle-même.
Toutefois, M. Staehelin a souligné qu'il s'agissait des deux faces d'une même pièce et que l'IA en tant qu'outil avait grandement contribué aux actions humanitaires du CICR en Afrique et dans d'autres parties du monde. Selon lui, le CICR utilise l'IA pour faire correspondre les personnes à la recherche de proches déplacés, car les noms peuvent être orthographiés de manière légèrement différente en arabe.
L'IA a également été utilisée pour le déminage. Des drones volant à basse altitude et équipés de cette technologie peuvent aider à détecter les mines, ce qui est beaucoup plus efficace que les méthodes précédentes. Grâce à l'IA et aux satellites, les travailleurs humanitaires peuvent calculer plus rapidement et plus efficacement les besoins éventuels des mouvements de population, afin de rechercher les meilleurs accès sécurisés ou de cartographier les points d'eau.
Notant que la délégation régionale du CICR fêtera cette année les 20 ans de son établissement à Beijing, M. Staehelin a déclaré que la coopération entre le CICR et la Chine était multiple, exprimant son appréciation pour la contribution de la Chine à la galvanisation de l'engagement politique en faveur du droit humanitaire international et pour les efforts de médiation déployés par le pays afin de mettre un terme aux conflits au Moyen-Orient et dans d'autres régions du monde.








