Les Pékinois boiront de l'eau du
fleuve Changjiang en 2010. A cette date, un volume de 1 milliard de
m3, équivalant à la capacité de trois réservoirs de Miyun, sera
conduite à Beijing chaque année. La pénurie d'eau de la capacité
chinoise va être grandement atténuée. Gao Anze, ingénieur général
du bureau de gestion et de conception du plan de l'ouvrage
d'adduction d'eau du sud au nord et membre du Comité national de la
Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a
accordé récemment une interview sur l'avancement de l'ouvrage
d'adduction d'eau du sud au nord et son influence pour l'avenir de
Beijing.
Quand est-ce que les
habitants à Beijing pourront boire de l'eau du Changjiang
?
Gao Anze :
L'ouvrage d'adduction d'eau du sud au nord comprend trois
lignes : une à l'est, une à l'ouest et une centrale. D'après le
plan général, en 2010, l'ouvrage de la ligne centrale aura été
achevé. La ligne centrale part du réservoir Danjiangkou (province
du Hubei) à Beijing avec une longueur de 1 267 km. Le 30 décembre
2003, les travaux des deux sections relevant de la ligne centrale
ont commencé respectivement au Hebei et à Beijing. Après
l'achèvement de cet ouvrage d'auduction, 1 milliard de m3 d'eau du
Changjiang sera tranportée à Beijing chaque année. La qualité de
l'eau du réservoir Danjiangkou est bonne, on peut donc la prendre
directement.
Avant 2010, comment assurer
l'approvisionnement de Beijing en eau en cas d'urgence
?
G. A. : S'il se
produit une sécheresse pendant plusieurs années consécutives,
Beijing démarra en 2007 les quatre sources d'eau d'urgence : les
réservoirs Gangnan, Huangbizhuang, Wangkuai et Xidayang dans la
province du Hebei. A l'heure actuelle, nous sommes également en
train d'entreprendre un autre ouvrage d'urgence. En effet, nous
allons d'abord construire, au nord de Shijiazhuang (chef-lieu de la
province du Hebei), une source d'eau d'urgence communiquant avec
Beijing pour approvisionner cette municipalité de 500 millions de
m3 d'eau par an. L'eau d'urgence sera principalement destinée à la
vie quotidienne et remplacera celle du réservoir Miyun. Elle
permettra la réduction d'extraction de l'eau souterraine. Par
ailleurs, il va falloir redoubler d'effort pour contruire un
passage entre le complexe hydraulique Xiaolangdi du fleuve Jaune et
la ligne centrale pour ainsi conduire l'eau de Xiaolangdi à Beijing
en 2008.
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Quelles sont les routes de Beijing qui vont être traversées
par la section de cet ouvrage ?
G. A. : La section
de Beijing va traverser 32 rivières dont Juma, Dashi et Yongding ;
12 routes dont l'autoroute Beijing-Shijiangzhuang, les 5e et 4e
périphériques ; croiser des chemins de fer dans 11 points dont
Beijing-Guangzhou, le métro à Wukesong en dessous ; traverser les
collines Xiganchi, Chongqing, etc. On doit résoudre un grand nombre
de difficultés techniques de haut niveau.
Les habitants pourront-ils
supporter le prix de l'eau conduite du sud ?
G. A. : Selon des
évaluations primaires, le prix général de l'eau conduite du sud
sera de 6 yuans par m3, pratiquement similaire à celui de la
municipalité de Beijing. Actuellement, le prix général de l'eau de
Beijing est de 4,07 yuans par m3 et en 2005, il sera de 6 yuans.
Excepté les habitants à bas revenu et les entreprises particulières
de haute consommation d'eau, les gens ordinaires pourront le
supporter.
Est-ce que l'adduction d'eau
du sud au nord va apporter la schistosomiase au nord ?
G. A. : Ni au nord,
ni à beijing. La schistosomiase se trouve principalement dans la
ligne de l'est, non dans la ligne centrale. Même par la ligne de
l'est, cette maladie ne sera pas transmise au nord. D'après les
recherches des spécialistes, les schistosomes parasitent
l'encomelenia (une espèce de paludines). Au nord de la latitude
nord 35℃, ces paludines ne peuvent pas se reproduire. Ainsi, la
schistosomiase ne viendra pas au nord. Bien que la limite dépasse
un peu la lattidue nord 35℃ avec le changement climatique, c'est
très limitée et elle ne sera pas transmise au nord.
china.org.cn 2004/03/11
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