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L’innovation chinoise au service du monde

Par : 张平平 |  Mots clés : Opportunité Chine 2.0
French.china.org.cn | Mis à jour le 14-08-2026
La Chine au Présent | 14. 08. 2026

L’« Opportunité Chine 2.0 », portée par une innovation à grande échelle, ouvre de nouveaux espaces de croissance pour la planète. 

La 17e édition du Forum d’été de Davos, ayant pour thème « Innover à grande échelle », explore de nouvelles voies pour relancer une économie mondiale en difficulté. De nombreuses institutions et médias internationaux ont récemment évoqué l’« Opportunité Chine 2.0 ». En effet, force est de constater que le développement de haute qualité de la Chine profite au monde plutôt que de le menacer. Dans un contexte marqué par l’atonie du commerce, la baisse des investissements mondiaux et la montée du protectionnisme, une Chine résolument tournée vers l’ouverture, dotée de fondations industrielles solides et d’un marché en pleine expansion, apparaît comme un stabilisateur pour l’économie mondiale.

« Opportunité Chine 1.0 » : un moteur pour l’économie chinoise et mondiale

Près de cinquante ans après le lancement de la politique de réforme et d’ouverture, la Chine a connu plusieurs vagues de développement. Celles-ci se divisent en deux grandes étapes, articulées autour de la troisième session plénière du 18e Comité central du Parti communiste chinois (PCC). La première étape s’étend de 1978 – année de la troisième session plénière du 11e Comité central du PCC, qui a lancé la réforme et l’ouverture – jusqu’à 2013. La seconde, caractérisée par un approfondissement global des réformes, se poursuit de 2013 à nos jours.

La première phase, qualifiée d’« Opportunité Chine 1.0 », a vu l’essor de l’économie chinoise. En 1992, l’objectif d’une économie de marché socialiste est devenu le cap officiel des réformes structurelles. En 2001, l’adhésion à l’OMC a permis au pays de s’intégrer activement dans la division mondiale du travail, de lever les barrières institutionnelles, de libérer ses forces productives et d’enclencher une croissance rapide. Selon les données du Bureau national des statistiques, le PIB de 2013 s’élevait à 56 880 milliards de yuans, et le PIB par habitant à 41 908 yuans, soit respectivement 155 et 109 fois leurs niveaux de 1978. La même année, le commerce de marchandises a atteint 4 160 milliards de dollars, soit 156 fois le niveau de 1978, faisant de la Chine la première puissance commerçante du monde, tandis que les investissements directs étrangers s’élevaient à 117,59 milliards de dollars, soit 33 fois le montant de 1990. Grâce à cet effort soutenu, la Chine, forte de ses facteurs de production et de son marché, est devenue la deuxième économie mondiale, le premier producteur manufacturier, et l’un des leaders mondiaux du commerce de biens et de services.

L’« Opportunité Chine 1.0 » a constitué un facteur de stabilité pour l’économie mondiale. À cette époque, la Chine a mis à profit ses coûts de main-d’œuvre et de foncier avantageux pour renforcer la compétitivité internationale de son secteur manufacturier. Après son adhésion à l’OMC en 2001, elle s’est pleinement alignée sur les règles commerciales internationales, a élargi l’accès à son marché et a continuellement stimulé le potentiel de son immense marché intérieur. En s’insérant dans les segments intermédiaires et inférieurs des chaînes de valeur mondiales, cet « atelier du monde » a fourni des biens industriels abordables, permettant à tous de bénéficier des économies d’échelle générées par sa croissance rapide. Moteur essentiel de l’économie mondiale, la Chine a notamment permis d’amortir efficacement la récession lors de la crise financière de 2008. Depuis 2006, sa contribution à la croissance mondiale avoisine les 30 %, un apport décisif à la stabilité de l’économie mondiale.

« Opportunité Chine 2.0 » : ouvrir de nouveaux espaces de croissance mondiale

Dès le XVIe Congrès du PCC, la Chine a pris la mesure des opportunités et des défis posés par la nouvelle révolution technologique. En 2006, elle a fixé pour la première fois l’objectif ambitieux de devenir une nation innovante, faisant de la capacité d’innovation autonome le fondement stratégique de son développement scientifique et technologique. Depuis le XVIIIe Congrès du PCC, cette stratégie axée sur l’innovation s’est approfondie, avec pour horizon d’accélérer la construction d’un écosystème d’avant-garde et de hisser le pays au rang de puissance scientifique et technologique mondiale d’ici 2035.

Selon les données du Bureau national des statistiques, l’équivalent temps plein des effectifs de R&D a atteint 7,949 millions d’années-personnes en 2025, et les dépenses de R&D se sont élevées à 3 926,2 milliards de yuans, en hausse respective de 125 % et 231 % par rapport à 2013. Le nombre de brevets accordés en 2024 s’est élevé à 3,69 millions, affichant une progression de 182 % sur la même période. Selon l’indice mondial de l’innovation 2025 de l’OMPI, la Chine se classe au 10e rang mondial, en tête des 36 économies à revenu intermédiaire supérieur, avec une progression de 24 places par rapport à 2012.

L’« Opportunité Chine 2.0 » est un moteur pour le développement de haute qualité de l’économie nationale. L’innovation technologique, largement soutenue, imprègne toute la société chinoise, marquant l’entrée dans une phase d’innovation à grande échelle. Celle-ci se distingue des percées ponctuelles en laboratoire : elle s’appuie sur un marché immense, un système industriel complet et un écosystème intégré pour faire passer les technologies de pointe au stade de prototype à la production de masse, puis à leur déploiement généralisé. Il en résulte un cercle vertueux où la R&D, l’industrialisation, les retours d’expérience et la réinnovation s’alimentent mutuellement, favorisant une large diffusion des bénéfices technologiques.

Après avoir tiré parti de l’« Opportunité Chine 1.0 » en s’appuyant sur les bas coûts et la taille de son marché, la Chine entend désormais capitaliser sur ses capacités d’innovation pour accélérer l’industrialisation des énergies nouvelles, de l’intelligence artificielle, de la fabrication haut de gamme, de l’économie numérique et des technologies vertes. Les secteurs des nouvelles énergies et des véhicules connectés en sont des exemples emblématiques, portés par des percées dans les matériaux, les batteries et les communications.

Cette nouvelle phase ouvre au monde des espaces de croissance diversifiés. La Chine propose des voies de croissance inédites pour la transition verte, la montée en gamme numérique et l’accélération industrielle, tout en contribuant à bâtir un système mondial de partage des bénéfices de l’innovation.

Premièrement, les technologies vertes et sobres en carbone deviennent un bénéfice partagé à l’échelle mondiale. Grâce à la production de masse en Chine, les coûts des modules photovoltaïques ont chuté, permettant leur exportation vers plus de 200 pays et régions. Cela facilite la transition énergétique à faible coût en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Amérique latine. De même, les véhicules électriques, adaptés aux divers marchés mondiaux, sont exportés vers l’Europe, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique, réduisant les émissions de carbone des pays d’accueil ainsi que les coûts de transport pour les populations. Dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », le déploiement d’infrastructures vertes à grande échelle, telles que des centrales solaires, des parcs éoliens et des lignes de transport d’électricité à ultra-haute tension stimule les investissements locaux dans les énergies nouvelles et crée de nombreux emplois durables.

Deuxièmement, l’exportation massive des technologies numériques ouvre de nouvelles perspectives économiques. Les infrastructures numériques chinoises, qu’il s’agisse des stations de base 5G, des centres de calcul d’IA, des systèmes de paiement mobile ou des solutions de numérisation industrielle, sont désormais déployées à l’international, ce qui allège considérablement les coûts de construction locaux. Les plateformes de numérisation industrielle sont également mises à disposition des PME des pays en développement, permettant la modernisation intelligente des usines traditionnelles et l’amélioration de leur productivité.

Troisièmement, les technologies avancées de fabrication chinoises se diffusent à l’échelle mondiale. Le grand avion de ligne C919, les navires de croisière, les équipements de calcul quantique, les biotechnologies et la biomédecine s’ouvrent progressivement à la coopération commerciale internationale. Les modèles d’IA open source chinois cumulent déjà plus de dix milliards de téléchargements dans le monde. Les grandes infrastructures scientifiques sont désormais accessibles à la communauté internationale dans des domaines comme la fusion nucléaire contrôlée ou les technologies quantiques, et la station spatiale chinoise Tiangong accueillera bientôt des astronautes étrangers.

Quatrièmement, les investissements croisés dans l’innovation s’accélèrent. Les investissements chinois à l’étranger ciblent les secteurs verts, numériques et de la fabrication avancée, tandis que les capitaux étrangers renforcent leur présence dans l’innovation en Chine. L’innovation à grande échelle offre des solutions à bas coût, facilement déployables et reproductibles, brisant le monopole technologique des pays développés et leurs barrières tarifaires. Les pays en développement peuvent ainsi accéder aux technologies de pointe à moindre coût, ouvrant de nouveaux espaces de croissance dans ces domaines. La Chine œuvre à la construction d’un réseau d’innovation inclusif et collaboratif, garantissant un partage équitable des fruits du progrès technologique.

De l’« Opportunité Chine 1.0 », fondée sur les facteurs de production et les atouts du marché, à l’« Opportunité Chine 2.0 », portée par l’innovation à grande échelle, la Chine a accompli un saut historique dans son ouverture et sa coopération internationales. Si la première phase a permis à l’« atelier du monde » de combler les lacunes de l’offre mondiale, la seconde s’appuie sur un marché intérieur colossal pour faire émerger et diffuser des technologies de pointe, injectant ainsi une nouvelle dynamique durable à la croissance mondiale. Le Forum d’été de Davos 2026, axé sur l’innovation à grande échelle, reflète cette aspiration universelle. Il est à espérer que l’« Opportunité Chine 2.0 » favorise un développement de haute qualité de la Chine, profite à toutes les économies du monde et permette d’explorer, ensemble, tout le potentiel de la croissance mondiale.

*XU DESHUN est chercheur à l’Académie du commerce international et de la coopération économique, relevant du ministère chinois du Commerce. 


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Source: La Chine au Présent
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