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Datong : ancienne capitale au croisement des cultures

French.china.org.cn | Mis à jour le 21. 02. 2019 | Mots clés : Datong

Les grottes de Yungang, s’étendant sur un kilomètre de long, sont

magnifiquement sculptées sur de grands rochers au pied de la montagne

 

 

Datong est la deuxième plus grande ville du Shanxi. Elle est située au nord de cette province, entre la région autonome de la Mongolie intérieure et la province du Hebei, une situation géographique qui fait d’elle une position stratégique depuis l’Antiquité.

 

Riche d’une longue histoire et de nombreux attraits touristiques, Datong fait partie des premières villes historiques et culturelles renommées de la Chine. Certains estiment que pour étudier l’histoire chinoise, il ne faut pas passer à côté des objets du patrimoine culturel du Shanxi, dont Datong regorge. Les faits parlent d’eux-mêmes. Dans l’histoire, Datong a été la capitale de la dynastie des Wei du Nord (386-534) de 398 à 493, capitale secondaire des Liao (916-1125) et des Jin (1115-1234), et un lieu d’importance stratégique sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1911). Les grottes de Yungang à Datong, l’une des plus grandes découvertes en Chine, ont été inscrites en 2001 sur la Liste du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Les monts Hengshan, qui figurent parmi les cinq montagnes sacrées de Chine, abritent le temple Xuankong, littéralement le « temple Suspendu », situé au sommet de falaises abruptes. La rivière Sanggan, qui traverse la ville d’ouest vers le nord-est, lui ajoute un charme tout en délicatesse. Les anciens remparts de Datong, quant à eux, sont bien préservés et ouverts aux visiteurs gratuitement depuis leur restauration. Ils offrent un panorama splendide sur la ville.

 

Le train à grande vitesse, qui devrait être mis en service cette année, réduira le trajet de Datong à Beijing à moins de deux heures. Datong s’intègre dans le développement coordonné de la région Beijing-Tianjin-Hebei et émerge comme un jardin fabuleux dans l’arrière-cour de Beijing. Réputée pour ses riches ressources de charbon, cette ville revient sous les feux des projecteurs avec son nouveau visage d’ancienne capitale.

 

Fusion de diverses cultures

 

Selon les ouvrages d’histoire, Datong, alors nommée Pingcheng, était une ville frontalière d’importance stratégique au IIIe siècle av. J.-C.

 

Reliant le plateau de la Mongolie intérieure au nord et la plaine de la Chine du Nord à l’est, Datong dispose de terres agricoles et de pâturages fertiles. Au cours de l’histoire, les nomades et les agriculteurs se sont battus pour ces richesses pendant des années. De multiples groupes ethniques se sont mélangés et ont engendré plusieurs cultures qui ont prospéré en harmonie.

 

Du IVe au Ve siècles, des groupes ethniques migrateurs du nord ont contribué à la prospérité de Datong. En 398, la dynastie des Wei du Nord, fondée par les nomades Xianbei, a déplacé la capitale à Datong, la faisant émerger dès lors comme un centre politique, économique et culturel du nord de la Chine.

 

Tuoba Gui, le fondateur qui appréciait la splendide culture de la Plaine centrale, a favorisé la fusion des Xianbei avec la culture des Han. Il a adopté le système de gouvernance des Han et nommé des fonctionnaires han. Les Xianbei qui avaient l’habitude de vivre comme des nomades ont été encouragés, après la fondation des Wei du Nord, à cultiver les terres qui leur étaient distribuées à l’instar du système foncier des Han. Avec d’autres groupes ethniques, les Xianbei ont obtenu des terres et sont devenus des agriculteurs comme les Han. Faute d’écriture, ils ont enregistré les événements en les gravant sur le bois et en nouant des cordes. Pour promouvoir l’éducation, l’empereur a créé une université nationale et incité les enfants des Xianbei et d’autres minorités ethniques à étudier la culture han. Nombre de stèles datant de cette époque et conservées à Datong témoignent non seulement de l’histoire de la dynastie des Wei du Nord, mais elles constituent aussi un nouveau genre d’art calligraphique chinois.

 

En outre, les dirigeants des Wei du Nord ont également réformé le bouddhisme en y incorporant les doctrines taoïste et confucéenne et leurs politiques. Le temple Suspendu, bâti à cette époque, incarne l’intégration du bouddhisme, du taoïsme et du confucianisme.

 

Reste à noter que, durant cette période, les statues du Bouddha reflétaient une combinaison du Bouddha et de l’empereur, un phénomène particulier dans l’histoire chinoise. L’indigénisation du bouddhisme revêt une importance historique, car elle a aidé les nomades à se fondre avec d’autres communautés ethniques, créant ainsi les conditions favorables à la stabilité sociale. Qui plus est, grâce à cette assise, le bouddhisme a atteint son apogée sous les Sui (581-618) et les Tang (618-907).


La cité antique de Datong

 

Datong a été rattachée au territoire de la dynastie des Ming l’année qui a suivi l’unification de l’empire. Lieu d’importance stratégique à la frontière, Datong a vu ses remparts fortifiés. La cité actuelle s’est développée à partir de cette fortification. L’ancienne Datong ressemble à un échiquier avec des rues entrecroisées qui la divisent en quatre parties, chacune d’entre elles est ensuite subdivisée en quatre parties jusqu’au niveau principal des communautés résidentielles.

 

Les remparts bâtis sous les Ming sont magnifiques et forment un formidable système de défense. La fondation a été renforcée avec des barres, des carreaux et des piliers, tous en pierre. Le corps principal a été construit avec des briques faites à partir d’un mélange de chaux, d’argile et de sable fin, tandis que la périphérie a été recouverte de briques grises. Les remparts actuels ont été restaurés pendant huit ans depuis 2009. Ils séparent maintenant Datong en deux mondes différents. À l’extérieur, des tours et des autoroutes imposantes sont comparables à celles de n’importe quelle métropole, alors qu’à l’intérieur, les murailles conservent l’attrait des temps anciens créés par les maisons disposées en rangs serrés et les temples majestueux.

 

Les remparts nouvellement restaurés mesurent 7,24 km de long et 14 m de haut, munis de quatre portes principales et de fortifications comme des ponts-levis, des tours de guet et un fossé entourant la cité antique. Les quatre plates-formes d’observation situées aux quatre coins des remparts sont uniques sur le plan de la conception, car elles aidaient les gardes à éviter les angles morts dans le passé. À l’heure actuelle, les remparts sont ouverts aux visiteurs gratuitement.

 

Pendant la fête du Printemps, les gens affluent vers la cité antique pour la foire annuelle, qui dure 16 jours à compter du premier jour du premier mois lunaire. La population locale a maintenu la tradition de monter sur les murailles pour admirer le magnifique paysage urbain antique et d’aller exhorter les dieux à les couvrir de bonne fortune au temple Huayan et au temple Yuantong. La foire propose une variété de spectacles d’arts traditionnels et folkloriques, ainsi que des expositions d’artisanat. À la tombée de la nuit, la cité antique éblouit les visiteurs avec ses rues lumineuses ornées de lanternes traditionnelles colorées et de lumières ultramodernes.

 

Nourriture à Datong

 

Aussi loin que remonte l’histoire, le Shanxi a la réputation d’être « la région chinoise de la cuisine à base de farine ». Et il est vrai que la gastronomie de Datong est la digne représentante du nord du Shanxi.

 

Parmi les spécialités locales, il faut goûter les nouilles daoxiaomian (nouilles coupées au couteau), les gâteaux huanggao (gâteaux au millet glutineux), les aliments à base de farine d’avoine nue, etc. Toutes ces saveurs, et bien d’autres encore, ont été influencées par les nomades en raison de l’histoire unique de la ville.

 

Les aliments à base de farine d’avoine nue sont populaires parmi la population locale. Ils peuvent être cuits à la vapeur, bouillis, sautés ou servis froids avec des vinaigrettes. Riches en calcium, phosphore, fer, riboflavine et de nombreux autres nutriments essentiels au corps humain, ces aliments sont particulièrement adaptés aux personnes atteintes de diabète ou d’hypertension. Mais comme ils ne sont pas faciles à digérer, une consommation limitée est recommandée.

 

Les gâteaux huanggao sont des collations typiques de Datong. La pâte à la farine du millet glutineux est d’abord cuite à la vapeur, ensuite, on pétrit la pâte cuite à plusieurs reprises tout en lui appliquant de l’huile de sésame et enfin, elle est coupée en petits cubes et servie avec de la sauce. Les gâteaux huanggao sont élastiques, mais ils conservent une texture douce.

 

Le plat le plus réputé à Datong est sans conteste les nouilles daoxiaomian, dont la renommée provient de la méthode de cuisson unique. Pour préparer un plat de daoxiaomian authentique, la farine et l’eau doivent être dosées avec précision, et la pâte doit être complètement pétrie. Les nouilles daoxiaomian parfaites doivent ressembler à des feuilles de saule et au goût, doivent donner la sensation de glisser sur la langue tout en étant al dente à l’intérieur. Le cuisinier, comme un artiste, livre une performance visuelle aussi impressionnante que divertissante lors de la coupe des nouilles. Couteau à la main, il se tient devant un chaudron rempli d’eau bouillante. Alors qu’il fait glisser habilement son couteau le long de la boule de pâte, une cascade de nouilles finement coupées se déverse dans l’eau. Un bol complet de daoxiaomian est le remède le plus efficace pour remonter le moral des voyageurs souffrant du mal du pays.


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Source:La Chine au Présent