| La honte et la discrimination constituent en Chine le principal obstacle à la prévention du sida, a indiqué un officiel chargé de la santé de l'UNICEF, samedi dernier à Beijing.
Il est très important d'éliminer ces deux préjugés pour que la Chine gagne sa guerre contre le sida, a ajouté Koen Vanormelingen, chef de la section de la santé et de la nutrition du bureau de Beijing de cette institution onusienne.
En Chine et dans le reste de l'Asie, a-t-il indiqué, la discrimination sociale et culturelle empêche les gens d'apprendre davantage au sujet du sida, et par conséquent, ce qui rend difficile l'endiguement de la propagation de cette maladie incurable.
D'après une enquête récente de Horizon Market Research, une grande société chinoise de sondage, environ 19 % des Chinois n'ont jamais entendu le mot sida, le pourcentage le plus élevé du monde. Dans des régions de la province centrale du Henan, où la vente illicite du sang a occasionné une montée en flèche du nombre des séropositifs, des habitants locaux ne connaissent rien sur le sida, auquel ils donnent le nom de « maladie mystérieuse. »
Pour la plupart de gens, le sida et le VIH signifient quelque chose de honteux. Les porteurs du VIH sont considérés généralement comme ayant une morale douteuse, et méprisés par d'autres.
Le déshonneur et la discrimination sont aussi dangereux dans le sens qu'ils peuvent pousser les victimes jusqu'à la délinquance ou à d'autres comportements nuisibles à l'ordre social, a alarmé Vanormelingen.
Une travailleuse en matière de sida dans le Henan a été consternée par la haine d'un garçon qu'elle a rencontré. « Je tuerai ce marchand de sang quand je serai grand ! », a dit ce dernier dont le père a été contaminé par le VIH il y a quelques années lors d'une vente du sang.
Le sida n'est pas seulement un problème de santé, mais aussi un problème social. La disparition de la honte issue de cette maladie réclame les efforts de toute la société, notamment ceux du gouvernement et des hauts dirigeants, a dit cet officiel.
Bien que le gouvernement central chinois ait fait de grands progrès dans le domaine de la prévention et du traitement du sida, il est toujours nécessaire pour les autorités locales et la population de prêter plus d'attention à ce problème, a-t-il ajouté.
Au cours d'un voyage à travers la Chine, Vanormelingen a eu des entretiens avec des fonctionnaires locaux, qui pensaient en fait que ce problème était encore plus ou moins lointain, mais non un danger imminent.
La Chine répertorie 840 000 séropositifs, dont 80 000 sidéens.
peopledaily
2003/12/03
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