Aujourd'hui, les écrivains aiment embrasser et le disent... Une pile de livres sur les relations d'un soir squatte la liste des best-sellers dans les librairies chinoises, provoquant une certaine attention et des appels appuyés en faveur d'un système de classement similaire à celui du cinéma.
Breack up after dawn, que l'on pourrait traduire par Rupture à l'aurore, rapporte les aventures d'une nuit de 19 femmes en recherche de luxure... Il s'est vendu à près de 180 000 copies depuis sa publication il y a 5 mois. Il a grimpé jusqu'à la deuxième positon, juste après L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, dans la liste des meilleurs ventes des deux plus gros libraires de Shanghai.
Les maisons d'éditions se ruent ,en effet, pour sortir des titres aguichants sous ce label «x» tels Le bonheur, cela dure une demi journée ou bien encore Je veux te poser sur un lit de roses...Ces livres attirent les lecteurs grâce à leur titres sulfureux et racontent les escapades sexuelles de leurs personnages avec une vraie franchise, de façon explicite et détaillée.
«Les cols blancs sont les principaux lecteurs de ces livres» déclare Chen Jun, éditeur de l'Académie de Shanghai des Maisons d'Edition des Sciences Sociales, qui a compilé pour un ouvrage les histoires « d'une nuit » d'actrices, de présentateurs TV, de tops modèles et d'écrivains.«Ils sont nés dans des familles traditionelles, qui croyaient en l'amour et au mariage. Mais, quand ils ont grandi, ils se sont frottés à plusieurs choix et ont cédé aux tentations » poursuit Chen.
Gu Bing, 26 ans, lisant attentivement les titres de ces livres à la «Scholar Bookstore» de Shanghai, admet qu'il lit Rupture à l'aurore pour s'amuser... «J' en ai vu une copie chez un ami. Il m'a dit qu'il y avait beaucoup de choses croustillantes à l'intérieur, j'étais plutôt interessé par ces femmes qui osent tout mettre à nu.»
Cependant, certains parents s'inquiètent de ce soit-disant « amusement » et pensent que ces livres ont une mauvaise influence sur les jeunes adolescents, qui ne peuvent pas différencier le sexe de la pornographie.
«C'est important de classifier. Au moins de mettre en évidence ces livres afin qu'ils soient rendus inaccessibles aux mineurs dans les librairies.» déclare Pan zhenghao, un père qui a lu un de ces livres. Son opinion fait d'ailleurs écho avec certains critiques littéraires qui pensent que ces livres font étalages de leurs attitudes sexuelles pour le moins libertines.
«Ces livres peuvent faire de l'argent pour quelques maisons d'éditions mais en tant qu'éditeurs nous devrions être plus vigilant », dit Zhu Honghai de la Maison d'Edition de Littérature et d'Art Chufeng.
Xu Naiqing de la « Shanghai Press and Publication Administration » dit, lui, qu'il est imposible de donner aux publications un système de classement : «Les livres, contrairement aux films, sont difficiles à classifier », « Il existe plus de variations et de subtilités dans la littérature, beaucoup d'oeuvres classiques possèdent des scènes sexuelles.» fait-il valoir.
Ces livres « sexy », eux, flirtent avec les rives de la pornographie mais veillent à ne pas en être vraiment...
(Shanghai Daily October 14, 2003)
China.org.cn
2003/11/21
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