| Plusieurs experts économiques réunis actuellement à Boao, dans la province du Hainan, ont indiqué lundi que l'application brutale par la Chine d'un taux de change flottant entraînerait une crise financière, tandis que la stabilité du Renminbi favorise la prospérité et la stabilité économiques des régions asiatiques et voire du monde entier.
Depuis un certain temps, l'appel international à la Chine de revaloriser sa monnaie gagne en ampleur. Plusieurs pays, le Japon et les Etats-Unis en particulier suggèrent à la Chine d'appliquer un taux de change flottant. Mais nombreux sont des experts économiques et financiers qui se déclarent publiquement contre la revalorisation de la monnaie chinoise, indiquant en termes explicites qu'il est inadéquat pour Chine d'appliquer un taux de change flottant.
Mme Charfene Barshefsky, qui assumait les fonctions de délégué commercial dans le gouvernement de Clinton a indiqué lundi lors du Forum asiatique de Boao qu'il existe dans le secteur industriel américain deux voix : celle de revaloriser la monnaie chinoise, indiquant que sa valeur a été sous-estimée et demandant au gouvernement d'exhorter la Chine à appliquer un taux de change flottant et celle de reprocher à la Chine de faire augmenter le taux de chômage aux Etats-Unis, demandant au gouvernement américain d'imposer des restrictions d'urgence aux produits chinois importés tels que les vêtements et les autres produits textiles. Pour cet égard, Mme Charfene Barshefsky a indiqué ce qui suit :
Si la Chine appliquait un taux de change flottant, son réseau bancaire ne pourrait guère échapper à la faillite et ses affaires seraient en désordre. Si la Chine doit obéir à leur demande (cf certains groupes américains) en appliquant très bientôt un taux de change flottant, la précédente crise asiatique pourra lui servir de leçon.
Elle a dit : « ne pas retomber dans ses vieilles ornières, voilà la raison la plus convaincante pour laquelle la Chine traite prudemment le problème du taux de change. Car tout changement brusque de son taux risquera non seulement régresser les affaires chinoises, mais aussi entraînerait des conséquences néfastes aux exportations des Etats-Unis et des autres pays vers la Chine. Elle suggére à la Chine de réaliser l'équilibre des recettes et des dépenses internationales par voie de la perfection du système financier, du renforcement du contrôle et de la gestion financière et de l'augmentation de ses investissements à l'étranger. En outre, la Chine pourra procéder à une réforme sur le taux de remboursement des taxes de ses exportations afin de neutraliser les inquiétudes des Etats-Unis quant à sa balance favorable dans les import-exports. Elle estime que la mesure prise le mois précédent par la Chine sur la baisse du taux de remboursement de taxes de ses exportations est positive.
M. Robert A. Mundell, ancien prix Nobel de l'économie, qualifié du « Père de l'Euro » a fait un exposé sur le taux de change de la monnaie chinoise. Il a dit à notre correspondant :
J'estime que le mécanisme du taux de change de la monnaie chinoise correspond à la réalité de la Chine. Au moins actuellement, si ce pays ne tient pas compte de sa situation réelle pour suivre aveuglement d'autres pays dans l'application d'un taux de change flottant, il s'exposerait à graves problèmes politiques et ce changement entraînerait des conséquences néfastes à ses différents secteurs touchant le développement économique. Il n'est pas nécessaire à la Chine de modifier son taux de change actuel.
Dans le monde d'aujourd'hui, la politique monétaire en matière du taux de change des divers pays exerce son influence à la région concernée, voire au monde entier.
M. Eisuke Sakakihara, économiste japonais de renom, appelé de « Monsieur du yen japonais » a indiqué aussi que l'application brusque par la Chine d'un taux de change flottant entraînerait des conséquences catastrophiques, appelant le Japon et les autres pays asiatiques d'aider la Chine à neutraliser la pression sur la revalorisation de sa monnaie. Il a indiqué :
Les pays asiatiques, notamment la Chine et le Japon, doivent coopérer dans ce domaine. Nous devons appliquer une bonne politique de coordination, je regrette beaucoup que le gouvernement japonais s'en tienne à sa politique qui demande à la monnaie chinoise de faire un nouveau réajustement. A mon avis, il ne doit pas exercer une quelconque pression sur la Chine pour qu'elle cède dans la revalorisation de sa monnaie.
CRI
2003/11/06
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