La Fédération internationale de Wushu (FIW) a tenu dernièrement à Shanghai une démonstration à l'intention de moniteurs venus de tous les coins du monde, dans l'espoir que les efforts de persuasion de ces derniers permettront à ce sport millénaire d'entrer dans les jeux olympiques à venir.
Le wushu, appelé en français les arts martiaux chinois, a pris naissance comme une méthode primitive d'autodéfense. Après des milliers d'années de pratiques et d'améliorations, il est devenu un sport mondial pour les gens d'âges et d'origines divers.
En février dernier, il a été reconnu par le Comité international olympique. La FIW s'efforce d'en faire un sport olympique, c'est-à-dire une discipline formelle aux JO 2008 de Beijing.
Sur les 31 épreuves que compte le wushu, 8, soit 4 pour hommes et 4 pour femmes, sont proposées comme épreuves olympiques, a dit Li Yapei, un adjoint au président de la FIW.
La popularité du wushu et sa pratique croissante dans le monde le fera être adopté comme une épreuve olympique, a-t-il ajouté avec confiance.
Environ 81 entraîneurs de wushu ont participé au cours international de formation pour les moniteurs étrangers, tenu en début de mois à Shanghai.
Le stage était destiné à présenter cinq nouveaux taolu (série de mouvements), qui seront inscrits dans les compétitions internationales de wushu en fin d'année et aussi au 7ème Championnat mondial de wushu prévu l'année prochaine à Macao.
« Une fois entré aux jeux olympiques, le wushu deviendra plus populaire tout comme le taekwondo », a prévu Léopoldo Castro Cruz, entraîneur mexicain de 44 ans.
Des adeptes étrangers considèrent que la langue constitue la pierre d'achoppement pour apprendre le wushu. Markus Heilmann (Allemand) dit que souvent la grande majorité des bons moniteurs chinois ne savent pas parler anglais et que la langue chinoise est très difficile à apprendre pour les Européens.
Un autre obstacle est le manque de matériaux disponibles à l'étranger. Kristaps Simanis, un pratiquant venu de la Lettonie, dit avoir à sa disposition seulement trois vidéocassettes de compétitions de wushu, qui ne suffisent pas pour bien apprendre les mouvements de wushu.
Par ailleurs, la culture du wushu, une culture chinoise, pose aussi problème aux étrangers.
« En Chine, votre entraîneur de wushu, appelé shifu (maître), est très vénéré par ses disciples. Il les initie aux techniques et à l'esprit du wushu, et voire aussi à la bonne conduite », dit Heilmann. « Ce rapport est bien différent de celui enseignant-étudiant en Occident. Nous pensons que l'étudiant est sur pied d'égalité avec l'enseignant, parce qu'il paie ce dernier et a le droit de décider quoi et comment étudier. Tout ce que nous apprenons est la technique et l'adresse. Mais sans avoir une connaissance parfaite de l'esprit du wushu, vous ne pouvez pas apprendre l'essence de l'art martial, » a-t-il ajouté.