Au terme d’une compétition serrée entre soixante équipes en lice pour concourir, le cabinet français d’architecture de Paul Andreu a réussi à s’imposer en juillet 1999 dans le projet de construction du Grand Théâtre national de Chine non loin de la place Tian An Men. Le contrat sera éxécuté entièrement sous la direction des architectes français François Tamisier et François Carion en collaboration avec cinquante architectes et ingénieurs chinois. Le permis de construire a été délivré le 6 décembre 2001 et les travaux ont commencé dans la foulée le 13 décembre.
Désormais mille ouvriers sont à l’oeuvre sept jours sur sept et 24h sur 24. Sur une dalle de 25.000 m2 sera édifié un dôme en titane de 220m de long, 140m de large et 65m de hauteur. Cette structure abritera l’Opéra de Beijing, une salle de concert de 2000 places et un théâtre à l’italienne de 1200 places. Chaque bâtiment, doté de sa fonction propre, sera indépendant des autres. Au total, en une seule soirée six mille personnes pourront assister à trois spectacles différents. Le bâtiment sera disposé au milieu d’un lac et l’accès principal se fera par une galerie couverte de cent mètres de long sous ce lac.
La réalisation du gros oeuvre a été judicieusement répartie entre trois équipes de travail venant des trois capitales de la Chine, de Beijing, capitale politique, de Shanghaï, capitale économique et de Hong-Kong, capitale financière.
Cet ensemble va rompre entièrement avec les bâtiments environnants qu’il s’agisse de l’imposant Palais du peuple aux colonnades proto-égyptiennes, de la cité interdite ou encore du Musée de l’histoire très classique. Il s’agissait pour un ensemble lyrique et musical de rendre le site plus humain et moins fonctionnel.
D’où l’idée des concepteurs d’abolir les façades imposantes et de poser dans l’espace une bulle d’air ellipsoïde aux formes très harmonieuses. Le dôme de couleur argentée est découpé par une verrière qui s’ouvre comme un rideau de scène. A l’intérieur en dehors des bâtiments destinés aux spectacles seront aménagés des salles d’exposition, des boutiques et des cafétérias parmi lesquels le public pourra circuler librement. La décoration fera appel à des matériaux typiques de la Chine comme le bois rouge, le marbre, le laque et les rehauts d’or. Ce théâtre, selon la volonté de Paul Andreu, doit être porteur de plasticité : il s’agit de réintégrer les idées de la Renaissance et de ne pas faire de cet espace une réplique de palais des congrès.
Autour de la « bulle », un parc sera créé de façon à respecter l’environnement conformément aux voeux des autorités de la municipalité de Beijing en prévision des Jeux Olympiques de 2008.
L’ensemble des travaux devrait être achevé fin 2004, vraisemblablement pour la fête nationale chinoise le 1er octobre.
Le projet aura un coût et les concepteurs s’efforceront de rester dans les limites assignées dans l’enveloppe initiale soit 2 billions 680000 R.M.B.