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La magie du chinois

Une des langues les plus anciennes du monde semble avoir un avenir prometteur.

 

Le grec et le latin classiques, deux langues qui ont une histoire aussi ancienne que le chinois, sont devenues des langues mortes que l'on retrouve seulement dans les livres classiques ou utilisées pour certains usages spécifiques, alors que le chinois, probablement la langue la plus utilisée dans le monde du futur, montre un charme magique qui attire l'attention des linguistes.

En Chine, dans les manuels de langue chinoise du cycle secondaire d'il y a vingt ou trente ans, on lisait souvent que le pinyin (système de transcription phonétique des caractères chinois en alphabet latin) remplacerait les caractères dans l'avenir, car les lettres latines pouvaient être dactylographiées contrairement aux caractères chinois. Cette situation a changé à l'ère informatique. Grâce à l'amélioration des technologies, les caractères chinois peuvent maintenant être tapés sur un clavier et même très rapidement.

Du fait que les caractères chinois ont une histoire cinq fois millénaire, ils forment un système stable qui contient énormément d'informations. Un Chinois moyen peut se contenter de 10 000 caractères dans sa vie. La norme nationale de la Chine pour l'alphabétisation est la compréhension de 1 500 caractères, et 2 000 caractères suffisent pour lire les journaux.

Du temps de William Shakespeare (1564-1616), la langue anglaise comportait environ 30 000 mots que Shakespeare maîtrisait parfaitement, laissant ainsi un héritage culturel inépuisable. Mais l'apparition des nouveaux produits, idées et découvertes a fait monter en flèche le nombre de mots anglais. Par conséquent, personne aujourd'hui ne peut rivaliser de compétence avec Shakespeare. Alors, combien de mots faut-il posséder dans l'apprentissage de l'anglais ? Il n'existe aucune réponse claire. Selon des linguistes, un anglophone instruit en possède 50 000 à 250 000. Franchement parlant, il faut connaître au moins 20 000 mots pour lire les journaux.

Parmi les divers examens que les étudiants chinois doivent réussir pour poursuivre leurs études à l'étranger, le TOEFL (Test of English as a Foreign Language) organisé par ETS (U.S.-based Educational Testing Service) exige un vocabulaire de 8 000 à 10 000 mots, et le GRE (Graduate Record Examination), exigé dans les écoles supérieures aux États-Unis pour l'obtention de diplômes supérieurs, nécessite un vocabulaire de 10 000 à 20 000 mots.

Mais l'IELTS (International English Language Testing System) organisé conjointement par l'Université Cambridge, le British Council et IDP Education Australia ne stipule pas explicitement le vocabulaire requis, mais principalement des mesures d'évaluation des « quatre compétences de la communication en anglais » soit la compréhension et l'expression orales et écrites pour ceux qui ont l'intention d'étudier ou travailler là où l'anglais est la langue de communication.

En Chine, les étudiants d'université doivent posséder 5 000 à 6 000 mots d'anglais. Pour ceux qui se spécialisent en anglais, le niveau le plus élevé est de 10 000 mots. Mais pour les étudiants chinois, il est beaucoup plus difficile d'atteindre ce niveau que de maîtriser 10 000 caractères chinois.

Un article intitulé « Le chinois magique » diffusé dans l'Internet fait remarquer la différence entre les deux langues. L'auteur, probablement un étudiant chinois à l'étranger, a demandé à plusieurs professeurs de son université comment dire en anglais « cuboïde », mais il a été déçu car aucun de ces natifs ne connaissait le terme. Il a posé la même question à des étudiants étatsuniens, qui n'ont pas su répondre non plus. Enfin, il a trouvé ce mot dans le dictionnaire mais l'a vite oublié car on l'utilise rarement.

Si l'on voulait définir toutes les choses nouvelles à l'aide de noms spécifiques, les nouveaux mots seraient innombrables. Logiquement, les langues évitent ce problème en utilisant les éléments existants en de nouvelles combinaisons. Le nombre de caractères chinois est passablement stable.

Mais la langue chinoise est aussi confrontée à une crise. Face à l'engouement pour l'anglais, les étudiants chinois, y compris ceux qui ont des diplômes de haut niveau, souffrent d'une dégradation de l'expression écrite en langue maternelle.

Des étudiants français passent l'examen HSK à Paris. Le même jour, le HSK avait lieu en même temps à Lyon, Bordeaux, Marseille, Rennes, Reims et Lille. Song Lidong

En même temps, la passion pour la langue chinoise se répand dans le monde. Actuellement, environ 2 300 universités de plus de 100 pays offrent des cours de chinois. Le nombre d'étrangers qui étudient le chinois dépasse 30 millions, faisant du chinois la langue dont le nombre d'apprenants augmente le plus rapidement.

Les principaux pays du monde prêtent une attention particulière à la généralisation de leur langue maternelle et considèrent l'exportation de la langue comme une stratégie nationale. Par exemple, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont investi énormément d'argent pour diffuser l'anglais, et la France a ouvert plus de 1 000 Alliances françaises dans 138 pays.

Le gouvernement chinois pour sa part popularise le chinois en ouvrant des Instituts Confucius. Confucius - le sage par excellence - était un penseur et éducateur d'il y a 2 500 ans. Le premier institut Confucius a été fondé en Corée du Sud en novembre 2004. Jusqu'ici, une soixantaine d'instituts sont dispersés dans une trentaine de pays et régions.


Beijing Information     2006/11/07

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