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La première fois que j'ai vu les peintures à l'encre de François Bossière, je n'ai pu retenir un mouvement de surprise face à tant d'aisance et de naturel dans la maîtrise accomplie du pinceau et de l'encre de Chine, face à une aussi riche expression des sentiments dans la ligne. J'ai levé la tête et regardé avec attention ce grand Français au corps élancé posté devant moi, son regard confiant et décidé posé sur le mien. Avec son chinois malaisé, il a prononcé mot après mot une simple phrase qui m'a infiniment ému : ''J'aime Bada…Xu Wei''.
Rien d'étonnant à cela, les œuvres de François Bossière sont tout imprégnées du charme du pinceau-encre et de l'esprit de Bada Shanren. Mais il s'agit d'un Bada vêtu à l'occidentale, dans son expression ressortent déjà la noblesse et le raffinement français. Qu'on le veuille ou non, sous la ressemblance a émergé son originalité. Incorporant dans son langage pictural occidental la ''grande image sans forme'' de la philosophie chinoise [1], ses œuvres, contrairement à toutes mes attentes, atteignent à l'esprit du Zen.
François Bossière s'est profondément inspiré de ''Laozi'' et de ''Zhuangzi'', si bien qu'il peut toujours maintenir intacte la liberté absolue de l'esprit de la création dans le ''non-agir''. Là, sans chercher expressément, le cœur va de pair avec les images et la nature, le pinceau exprime jusqu'à l'essence. Il se débarrasse de l'encombrement de toute forme et de tout informe afin d'arriver à la sérénité du détachement originel .
A travers la perception de sa propre culture, François Bossière acquiert une compréhension en profondeur de celles des autres. C'est là ce qui doit pouvoir marquer et inspirer ses homologues chinois dans la même profondeur.
Li Shinan Préface du Catalogue de François Bossière, janvier 2005 à Pékin
China.org.cn
2005/04/21
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