RDC: une rentrée scolaire dans le nord-est gâchée par les conflits du M23 (REPORTAGE)

Par : Norbert |  Mots clés : RDC,Reportage,M23
French.china.org.cn | Mis à jour le 01-10-2022

Depuis le début de la nouvelle année scolaire, la rentrée des classes dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) est toujours entachée, avec des salles de classe occupées par des déplacés pour fuir les conflits provoqués par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).

A Rumangabo, un village situé dans la province du Nord-Kivu, actuellement l'épicentre de violents conflits armés entre l'armée gouvernementale et le M23, environ 4.000 personnes déplacées sont dispersées dans différentes écoles.

Marie Simire, une veuve avec ses six enfants qui a fui la ville de Bunagana prise par les rebelles, vit dans une petite maison de fortune dans la parcelle d'une école à Rumangabo. Son mari, victime d'une balle perdue, s'est éteint lors des conflits provoqués par le M23.

Comme la plupart de ses voisins dans son village natal, elle et ses enfants ont fui pendant des jours à pied et se sont finalement installés dans cette petite école pendant les vacances d'été. Alors que la nouvelle année scolaire a commencé le 5 septembre, la vie est devenue plus difficile.

"Je suis arrivée ici avec mes enfants depuis quelques mois sans rien emporter de notre maison abandonnée à Bunagana. Voilà que les études ont repris, mais je n'ai pas la capacité d'envoyer mes enfants en cours faute de moyens et (à cause des) conditions difficiles dans lesquelles nous vivons actuellement dans ce site", a-t-elle expliqué.

Jean-Baptiste Habyarimana, le directeur de l'école primaire du centre de Rumangabo, a souligné que l'école était déjà à pleine capacité et que les déplacements massifs étaient devenus un énorme problème pour les déplacés et les écoliers.

"Les écoles sont presque totalement occupées par les déplacés venus des villages non loin de cette cité. Une situation qui nous met en difficulté de fonctionner comme une école. Pour nous, il est clair qu'on doit (...) fermer momentanément les activités en attendant que la situation sécuritaire s'améliore", a-t-il indiqué.

Interrogé par Xinhua sur la situation scolaire actuelle dans les zones troublées par les affrontements entre l'armée et les rebelles du M23, le gouverneur militaire du Nord-Kivu Constant Ndima a reconnu qu'environ 70% des écoles étaient touchées.

"Cette situation qui affecte le secteur scolaire depuis la rentrée est plus que dramatique et (...) dépasse notre compétence au niveau provincial", a déclaré Constant Ndima, promettant des "solutions rapides et durables" pour les enfants touchés.

Depuis fin mars 2022, le M23 est à l'offensive dans la province du Nord-Kivu, où plusieurs localités sont tombées aux mains des rebelles pendant des mois.

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Source: Agence de presse Xinhua
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