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The New York Times : choisissez votre peur préférée

French.china.org.cn | Mis à jour le 16. 05. 2020 | Mots clés : New York Times,​Donald Trump

Chaque fois que Donald Trump apparaît en public, vous pouvez être sûr de deux choses : il ne portera pas de masque et il se vantera d'avoir repoussé les voyageurs chinois. 

« Nous obtenons d'excellentes notes pour la gestion de la pandémie de coronavirus, en particulier la toute première INTERDICTION de personnes en provenance de Chine », a-t-il ainsi tweeté le week-end dernier. « Nous avons interdit aux personnes en provenance de Chine d'entrer. ... J'étais le seul à vouloir faire ça », a-t-il aussi déclaré aux Républicains du Congrès.

Nous nous arrêterons ici un instant pour noter que Donald Trump n'a en fait annoncé l'interdiction frappant la Chine que le 31 janvier -après que l'Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence mondiale contre le coronavirus et après une multitude de nations qui ont fait la même chose. Mais personne ne s'attend à ce que le président des États-Unis admette qu'il a pris cette décision après les îles Marshall...

L'obsession de Donald Trump pour la Chine est particulièrement inquiétante pour les personnes qui doivent faire face à notre crise de santé publique actuelle, dont la plus grande partie n’est plus du tout due à la connexion asiatique. Ainsi, si vous écoutez le discours quotidien d'Andrew Cuomo [le gouverneur de l’État de New York] aux habitants de New York, vous avez peut-être remarqué qu'il parle du « virus européen ».

« Quand nous avons commencé avec ce virus, on nous a dit qu'il venait de Chine, non ? », a-t-il déclaré le 13 mai. Mais quand il s'agit de la côte est, a-t-il ajouté, « il s'avère que cela vient d'Europe ». C'était un détail que l'administration hésitait à mentionner, étant donné que même notre président extrêmement créatif ne pouvait pas trouver un moyen de se faire le héros de cette version. Les Américains ont donc dû présumer qu'il s'agissait de Wuhan...

Mais le mot se répand. En grande partie grâce aux… gouverneurs.

Andrew Cuomo est de loin le visage de gouverneur le plus connu, et certains sondages suggèrent même qu'il est beaucoup plus populaire que le président. Il fait son discours quotidien tout en affichant des titres, des thèmes et des exhortations comme « Les masques, ça marche ! Les gants ça marche ! La désinfection des mains ça marche ! ». Pendant ce temps, Donald Trump, apparaissant dans toute sa splendeur nue, a déclaré à une foule que les Américains avaient appris « le bon et le mauvais » sur le port du masque : « Ce n'est pas une chose unilatérale, croyez-le ou non ».

Difficile de croire que c’est le président d'une nation ravagée par une pandémie qui dit cela. Mais en ce qui concerne les performances de l'administration, la règle à la Maison Blanche est de toujours voir le côté positif des choses.

« Nous avons agi très tôt. Nous avons agi très tôt pour maintenir la Chine hors de notre pays », s'est ainsi vanté Donald Trump lors d'une récente conférence de presse.

Pourtant, depuis l’action théoriquement précoce de Donald Trump, près de 40 000 personnes se sont encore envolées directement depuis la Chine vers les États-Unis. Pour être juste, beaucoup d'entre elles étaient des citoyens qui avaient le droit de rentrer chez eux. Mais vous pourriez penser que le gouvernement s’assurerait que ces personnes ne reviendraient pas avec quelque chose de contagieux. Les voyageurs se sont d’ailleurs dits surpris du manque de contrôles.

Il a fallu attendre la mi-mars pour que le président impose des restrictions de voyage aux visiteurs européens, où la pandémie s'était propagée depuis longtemps. « Nous avons globalement verrouillé la porte d'entrée et laissé la porte arrière ouverte », a commenté Michael Mina, un épidémiologiste de Harvard. Ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi : interdire les vols au départ de Naples n'a pas vraiment le même attrait que de sévir contre Wuhan.

Et politiquement, bien sûr, rien de tel que de prétendre que votre adversaire est mou, un peu étranger en quelque sorte. « Vous ne l'entendrez jamais sur Fake News Media, mais je suis DUR ENVERS LA CHINE alors que Joe Biden l’endormi est FAIBLE ENVERS LA CHINE », a-t-on ainsi pu récemment lire dans une lettre de financement de Donald Trump.

Lorsque Andrew Cuomo a commencé ses séances d'information sur le coronavirus, son indignation envers le président était assez merveilleuse. (« S'il est assis chez lui devant la télévision, il devrait peut-être se lever et aller travailler» ). 

Sa posture actuelle -c’est-à-dire que notre problème concerne désormais le « virus européen »- semble être une approche intelligente. Tout d'abord, cela nous rappelle que la pandémie ne va pas disparaître. Deuxièmement, c'est un appel à une surveillance mondiale.

Et troisièmement, cela rendra Donald Trump fou. De quoi d'autre avez-vous besoin ?

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Source:french.china.org.cn