|
La Chine et les Etats-Unis se sont
querellés au sujet de questions commerciales, militaires et
énergétiques. Mais, à la fin de l'année dernière, les dirigeants
des deux pays ont décidé de mettre leurs divergences de côté et
d'entamer un dialogue.
Selon deux officiels de
l'administration Bush, dans une ambiance marquée par une franchise
inhabituelle, le président de la Chine Hu Jintao a affirmé au
président Bush des Etats-Unis que la lutte contre la corruption, la
solution des problèmes relatifs aux régions rurales, au fossé
croissant entre riches et pauvres et à la pollution de
l'environnement occupaient presque tout son temps et que la Chine
avait tant de problèmes intérieurs à régler qu'elle n'avait ni
l'intention ni la capacité de défier le leadershipdes Etats-Unis
dans les affaires internationales.
Ces gestes ont contribué à
promouvoir les relations entre Hu et Bush, et font également partie
des efforts de la Chine pour atténuer ou du moins détourner
l'inquiétude des Américains à l'égard de la Chine.
Au moment où M. Hu effectue sa
première visite en tant que Président à Washington, l'attention
générale se porte sur la façon dont le dirigeant du pays le plus
riche de la planète et le dirigeant du pays au développement le
plus rapide vont parvenir à surmonter leurs divergences, alors même
que leurs relations sont difficiles
Sur les questions épineuses, les
deux dirigeants ont su faire preuve de franchise et de réalisme.
Mais, a déclaré Michael Green, ancien responsable des affaires
asiatiques au Conseil de sécurité nationale, « la Chine essaie
aussi d'étendre son influence dans le monde ».
Contrairement à la « diplomatie du
tennis de table » qui avait rapproché Nixon de Mao Zedong, les
consultations répétées entre les deux pays sur les sujets qui
fâchent ont fini par lasser les officiels des deux pays. Ces sujets
comprennent entre autres la prolifération nucléaire (Iran et Corée
du Nord), l'excédent commercial croissant de la Chine et la
question taiwanaise. Aujourd'hui, les Etats-Unis et la Chine
évitent de s'affronter : ils sont devenus tellement dépendants sur
le plan politique, diplomatique et économique que ni l'un ni
l'autre ne peut passer à l'action unilatéralement.
« Les élites chinoises responsables
ne veulent pas provoquer une guerre contre les Etats-Unis », a
déclaré Jin Canrong, spécialiste des Etats-Unis à l'Université du
Peuple de Chine, mais elles ne se font aucune illusion sur le
développement des relations entre les deux pays.
A Seattle, M. Hu invitera des hommes
politiques et des intellectuels américains à discuter des relations
bilatérales. Leurs échanges ne seront pas rendus publics dans le
but d'encourager les deux parties à parler avec franchise. Les
optimistes ont affirmé que ces efforts créeront un climat de
confiance entre les deux pays et produiront plus d'effets que la
propagande habituelle.
(Extraits d'un article du « New York
Times » , 17 avril)
China.org.cn 2006/04/21
|