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Le chef de l'Etat sénégalais, Me
Abdoulaye Wade, a dit que l'Afrique présentera encore à la Chine le
NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique),
vendredi, dans l'avion qui l'amène vers la capitale chinoise où il
est attendu au Sommet Chine-Afrique, prévu du 4 au 5 novembre.
Dans une interview qu'il a bien
voulu accorder à un correspondant de l'Agence de presse Xinhua
(Chine Nouvelle), le président Wade a promis de présenter le NEPAD
à l'occasion de ce Sommet des dirigeants chinois et africains qui
se tient dans le cadre du Forum de coopération sino-africain.
"J'ai toujours eu l'intention de
participer à ce Forum comme je l'avais promis au président chinois
Hu Jintao", a affirmé le chef de l'Etat sénégalais.
"Ce que j'attends de ce Forum, c'est
que chacune des parties expriment ses besoins à long terme et,
compte tenu du contexte de la mondialisation, que nous définissions
clairement les axes de cette coopération", a-t-il expliqué.
"En ce qui nous concerne, nous
Africains, nous avons annoncé la couleur à travers le NEPAD qui est
l'instrument de politique adopté par le Sommet des Chefs d'Etat et
qui traduit notre politique à long terme pour atteindre les
objectifs d'intégration du continent et de son développement dans
tous les secteurs", a indiqué Abdoulaye Wade, l'un des initiateurs
du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique.
Le président Wade a précisé que les
secteurs prioritaires pour le NEPAD sont les infrastructures,
l'éducation, la santé, l'agriculture, les technologies de
l'information et de la communication, l'énergie, l'environnement,
l'accès aux marchés des pays développés.
"Le NEPAD a été présenté au G8 à
plusieurs reprises et c'est ce que nous présenterons encore à la
Chine, car il traduit notre vision du chemin par lequel doit passer
l'Afrique pour devenir un grand pays demain, éliminer la pauvreté,
construire une économie dynamique, une croissance de long terme et
intensifier nos échanges avec l'extérieur. Je dois rappeler que
cette option s'inscrit dans une vision politique d'une Afrique unie
qui s'appelle aujourd'hui l'Union africaine et qui s'appellera
demain les Etats-Unis d'Afrique", a conclu le président Abdoulaye
Wade.
Le président Wade veut un
"China Town" au Sénégal
Le président du Sénégal, Me
Abdoulaye Wade, a déclaré vendredi que son pays est convenu de
concéder à la Chine un grand espace pour lui permettre de
construire un China Town, lors d'une interview qu'il a accordée à
l'Agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle).
A bord de son avion vers la capitale
chinoise où il prendra part au Sommet Chine-Afrique du 4 au 5
novembre, le président Wade a expliqué que des China Towns existent
en Amérique et en France et que cela n'a jamais gêné ces pays.
"Je ne vois pas pourquoi cela
gênerait le Sénégal. Celui qui veut acheter des produits chinois ou
manger dans un restaurant chinois pourra aller dans cette
agglomération mais personne n'oblige personne à le faire", a-t-il
indiqué.
"Il ne faut pas que les Africains se
trompent et se laissent pousser vers la xénophobie. Nous sommes
dans un monde de liberté d'échanges, dans une société marquée par
la mondialisation.
Les Sénégalais aussi sont en Chine
ou ils ont la liberté d'exercer le commerce, mais il est évident
que si je voulais envoyer 3 ou 4 millions de Sénégalais en Chine,
cela poserait des problèmes aux Chinois. Tout est donc dans le sens
de la mesure et dans la maîtrise des flux que nous déclenchons",
a-t-il ajouté.
"J'arrive de France et des
Etats-Unis, mais partout on nous dit, en substance, que la Chine va
envahir l'Afrique et surtout noyauter notre commerce et nos faibles
industries en déversant sur notre continent ses milliers de
produits "à bas prix". J'ai répondu à mes interlocuteurs que nous
ne sommes pas des enfants de choeur et que nous savons que tous les
pays défendent leurs intérêts; mais nous ne pouvons pas douter un
seul instant que la Chine ignore que l'Afrique a refusé, au
lendemain des indépendances, d'être le dépotoire de l'Europe ou de
l'Amérique pour devenir un souk réduit au commerce sans aucune
industrialisation", a souligné le président Wade.
Et d'ajouter : "Ce principe est
valable pour la Chine. Nous développons notre commerce avec la
Chine, mais sans pour autant laisser écraser notre industrie pour
renvoyer à l'inactivité nos milliers de commerçants".
"Au Sénégal, il y a eu une levée de
boucliers de commerçants sénégalais contre les commerçants chinois
dans les quartiers. Nous avons fait remarquer que c'est en toute
connaissance de cause que le gouvernement a accepté ces personnes
qui détenaient des titres de séjour légaux et des autorisations
d'exercer le commerce. Jusqu'à ce niveau, il n'y a pas de problème.
Mais il est évident que si le nombre de Chinois devant augmenter
sensiblement pour ce grand pays qui compte un milliard 300 millions
d'habitants, cela poserait problème. Mais les autorités chinoises
en sont tout aussi conscientes que nous", a noté le chef de l'Etat
sénégalais.
A ce sujet, le président Wade s'est
dit favorable à une zone franche où les Chinois pourraient
construire des industries ou déposer des produits pour
l'exportation en dehors du Sénégal.
"On consent de telles mesures à
d'autres pays; alors je ne vois pas pourquoi les refuser aux
Chinois. Au total, je ne crains pas que certains appellent une
invasion chinoise", a-t-il dit.
"Il y a plus d'un demi-siècle, on
parlait déjà du 'péril jaune'. On ne l'a jamais vu. On ne le verra
pas en Afrique. Une certaine propagande veut simplement créer chez
nous des réflexes négatifs de peur, mais les Africains sont majeurs
et savent ce qui est bon pour eux et ce qui ne l'est pas. La
coopération chinoise est la bienvenue. Elle est rapide et
efficace", a souligné le président Abdoulaye Wade en
conclusion.
xinhuanet 2006/11/04
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