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"C'est la réalisation d'un rêve",
déclare Zhang Boyin, 70 ans, en montrant une photo prise au bord du
canal de Suez. "Pour moi, Suez a été pendant des dizaines d'années
le nom d'un manuel scolaire. Aujourd'hui je suis sur les rives du
canal."
Zhang Boyin, professeur retraité de
l'Université de Beijing, a choisi au début de l'année l'Egypte pour
destination touristique, tout comme des milliers de Chinois. Pour
de nombreux Chinois, l'Afrique est un parent cordial, mais
lointain.
Beaucoup de Chinois se souviennent
de la fameuse phrase prononcée par le président Mao Zedong après
l'adhésion de la Chine aux Nations Unies: "Ce sont nos frères
Africains qui nous ont portés aux Nations Unies."
En 1971, la République populaire de
Chine est rétablie dans ses droits légitimes aux Nations Unies
grâce au soutien des pays en voie de développement dont beaucoup de
pays africains. C'est aussi grâce à eux et à leur soutien à la
politique d'une seule Chine que la Chine a pu faire échouer, à 13
reprises dans les années 1990, les tentatives de Taïwan, province
insulaire séparée du continent après la guerre civile en 1949,
d'entrer aux Nations Unies.
Le Premier ministre chinois Wen
Jiabao a resouligné l'attachement de la Chine à l'Afrique lors de
sa visite en Egypte en juin dernier, rappelant que la Chine "se
sentait redevable" vis-à-vis du peuple africain. "Nous ne devons
jamais ni nous souvenir des services que nous rendons ni oublier
ceux qu'on nous a rendus", a-t-il déclaré reprenant un vieux
proverbe chinois.
Avec l'augmentation de leurs
revenus, les Chinois montrent un intérêt accru pour cette Afrique
qu'ils ne connaissent qu'à travers les livres.
Selon Lin Bo, directeur du
Département de l'Amérique, de l'Océanie et de l'Afrique de l'Agence
de voyages internationaux de Chine, le nombre de touristes chinois
visitant l'Afrique ne représentait que 5 % de celui des touristes
chinois à l'étranger. "Mais le nombre de touristes chinois s'est
accru d'année en année. L'Afrique est le marché ayant les plus
grandes perspectives."
L'année dernière, 110 000 chinois
ont visité l'Afrique en tant que touristes particuliers, soit une
croissance de plus de 100 % par rapport à l'année précédente, selon
les statistiques du Bureau d'Administration des Entrées et Sorties
relevant du ministère chinois de la Sécurité publique.
Aujourd'hui, c'est dans 16 pays
africains que peuvent se rendre les touristes chinois. Le
gouvernement chinois a promis de mettre en application le programme
sur l'organisation des tours opérateurs pour les citoyens chinois
dans de nombreux pays africains et d'inscrire plus de pays
africains sur la liste des destinations pour groupes de touristes
chinois selon les demandes et les possibilités pratiques des pays
africains, en vertu du premier document du gouvernement chinois sur
la politique vis-à-vis de l'Afrique du 12 janvier dernier.
La Chine a par ailleurs pris des
mesures actives pour mieux se faire connaître des peuples
africains.
Le 27 février 2006, CRI, Radio Chine
International, a ouvert une station, FM 91.9, à Nairobi, capitale
du Kenya. Cette station transmet 19 heures de programmes en
anglais, en kiswahili (langue utilisée en Afrique de l'Est) et en
chinois.
Wang Gengnian, directeur de CRI, a
indiqué que la station diffuserait l'actualité chinoise et
étrangère en se centrant sur les échanges amicaux sino-kényans. "Je
souhaite que nos programmes permettent de franchir la distance
entre la Chine et les auditeurs africains et donnent une vision
globale et objective de la Chine à un maximum de personnes."
Le développement rapide de la Chine
a permis à la langue chinoise de se populariser en Afrique. "La
distance entre la Chine et l'Afrique n'arrête pas l'engouement des
Africains pour le chinois", souligne George Magoha, recteur adjoint
de l'Université de Nairobi, au Kenya, qui a créé le premier
Institut Confucius d'Afrique.
L'Institut Confucius est un
organisme public à but non lucratif dont la mission est de
promouvoir la langue et la culture chinoises et de soutenir des
professeurs de chinois locaux. Aujourd'hui, la Chine a déjà ouvert
trois instituts Confucius en Afrique.
La coopération entre les pays
africains et la Chine est entrée dans une nouvelle ère, celle de
l'économie, du commerce, des sciences et technologies, de la
culture, de l'éducation et du tourisme, a indiqué Magoha.
"L'ouverture d'Instituts Confucius
en Afrique constitue un jalon dans le développement des échanges
culturels et de l'amitié entre l'Afrique et la Chine", a souligné
Magoha, ajoutant que ces instituts aidaient les jeunes africains à
avoir une vision plus large du monde et à mieux participer à la
concurrence internationale.
Pour les analystes, derrière le
dynamisme des échanges culturels, ce sont d'étroites relations
économiques et commerciales qui se tissent entre la Chine et
l'Afrique.
L'année dernière, selon les
statistiques du ministère chinois du Commerce, le commerce
bilatéral sino-africain s'est chiffré à 39,74 milliards de dollars,
soit le double de 2000. Les exportations de la partie chinoise vers
les pays africains ont été de 18,68 milliards de dollars et les
importations chinoises en provenance du continent africain, de
21,06 milliards de dollars.
Au premier semestre de cette année,
la valeur du commerce bilatéral sino-africain a atteint 11,54
milliards de dollars, soit une augmentation de 52 % par rapport à
la même période de l'année dernière.
Fin 2005, la Chine avait placé 1,18
milliards de dollars d'investissements directs sur le continent
africain et avait des projets à capitaux chinois dans 49 pays
africains.
Durant sa visite d'Etat au Nigéria
en avril dernier, le Président chinois Hu Jintao a exposé la
politique chinoise sur l'Afrique, disant que la Chine souhaitait
promouvoir la coopération avec l'Afrique dans les domaines
politique, économique, culturel, de la sécurité et des affaires
internationales pour développer de nouveaux partenariats
stratégiques.
Dans son discours prononcé devant le
Parlement nigérian, le Président Hu a appelé à la confiance
politique mutuelle entre la Chine et l'Afrique. "Cela est au coeur
même des liens sino-africains dans ce nouveau contexte
international", a souligné He Wenping, chercheur de l'Académie des
Sciences sociales de Chine.
La Chine respecte et soutient le
désir des pays africains de préserver leur indépendance et leur
souveraineté et à choisir leur propre voie de développement en
fonction de leur situation intérieure. "Cette attitude est plus
acceptable de la part des pays africains que de celle d'autres pays
qui veulent imposer unilatéralement leur modèle de démocratie",
a-t-il estimé.
Mais à cause de ses étroites
relations économiques et commerciales avec l'Afrique, la Chine est
taxée de "néo-colonialisme". Le Premier ministre chinois Wen Jiabao
a nié cela lors de sa visite en Egypte déclarant: "Le chapeau du
néo- colonialisme ne va tout simplement pas à la Chine."
Dans le développement de ses
relations avec l'Afrique, a souligné He, le gouvernement chinois
suit les principes de respect mutuel, d'égalité, de bénéfice
réciproque et de non-ingérence dans les affaires intérieures
d'autre pays.
"La Chine soutient le développement
de la démocratie et du droit en Afrique. Mais nous n'imposons
jamais notre volonté aux autres. Nous estimons que chaque peuple de
chaque région et pays a le droit et la capacité de gérer ses
propres affaires. La communauté internationale doit respecter le
choix indépendant des pays africains en terme de méthode de
développement."
Wen Jiabao a souligné que la
coopération pétrolière de la Chine avec certains pays africains
était "ouverte, transparente, naturelle et mutuellement bénéfique".
"L'année dernière, le montant des importations de pétrole d'Afrique
représentait moins d'un tiers de celui des autres pays."
Pour certains universitaires
chinois, les pays occidentaux jugent mal la politique chinoise
envers l'Afrique. " Ils pensent que la Chine ne s'intéresse à
l'Afrique que pour son pétrole. Or cela fait un demi-siècle que
l'Afrique est au centre de la politique étrangère de la Chine",
déclare Xu Weizhong, de l'Institut chinois des Relations
internationales contemporaines.
Ces 50 dernières années, la Chine a
aidé 53 pays africains sans aucune condition politique et a aidé
des nations africaines à construire plus de 800 projets, et même
alors qu'elle traversait des difficultés économiques, cette aide
n'a pas été interrompue.
"La Chine coopère tant avec les pays
africains riches en ressources énergétiques qu'avec ceux qui en
manquent. Les accusations des média occidentaux contre la Chine
sont sans fondement", a ajouté Xu.
2006 marque le 50ème anniversaire de
l'établissement des relations diplomatiques sino-africaines. Au
début de cette année, la Chine a publié son premier document sur sa
politique envers l'Afrique. En avril dernier, le président chinois
Hu Jintao a effectué une visite au Maroc, au Nigéria et au Kenya.
En juin dernier, le Premier ministre Wen Jiabao s'est rendu dans
sept pays africains, à savoir l'Egypte, le Ghana, la Répubique du
Congo, l'Angola, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et l'Ouganda.
En novembre prochain, les dirigeants
chinois et africains se réuniront à Beijing pour le Forum sur la
Coopération Chine-Afrique, mécanisme efficace de dialogue collectif
entre la Chine et les pays africains et importante plate-forme pour
une coopération concrète.
Dans le cadre de ce forum, la Chine
a déjà annulé 10,5 milliards de yuans (1,3 milliard de dollars
américains) de dette pour 31 pays pauvres ou sous-développés en
Afrique. 29 pays africains sont également exemptés de droits de
douane pour 190 catégories de produits exportés en Chine.
Lors de la 2ème Conférence
ministérielle à Addis-Abeba il y a trois ans, la Chine avait promis
de former 10 000 professionnels pour l'Afrique. La formation sera
achevée cette année.
Pendant le prochain Sommet, les
dirigeants chinois et africains se concentreront sur la coopération
économique, la formation de professionnels et les investissements
des entreprises, selon une source du ministère chinois des Affaires
étrangères.
L'objectif du Sommet est de
construire un nouveau type de partenariat stratégique sino-africain
caractérisé par l'égalité politique, le bénéfice mutuel, la
coopération économique gagnant- gagnant et les échanges culturels,
d'après la même source.
xinhuanet 2006/10/20
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