|
Seydou Bodian Kouyaté, écrivain
malien de renommée internationale, s'est étendu dans un entretien
avec Xinhua (Chine nouvelle) sur les relations entre la Chine et
l'Afrique, à l'occasion de la visite la semaine dernière, à Dakar,
d'une délégation de l'Association du peuple chinois pour l'amitié
avec l'étranger.
La Chine doit sa prospérité
à son économie de marché socialiste
M. Seydou Bodian, considéré comme un
"monument de la littérature africaine" brille encore de tout son
éclat à l'âge de 78 ans. Depuis les années 1960, ce "vieil ami de
la Chine" selon Wang Yunze, vice-président de ladite association
chinoise, a visité plusieurs fois la Chine et suivait de près
l'évolution de ce géant asiatique. Il a vu à Beijing (Pékin) Mao
Zedong, Zhou Enlai, Deng Xiaoping et d'autres anciens dirigeants
chinois. Selon lui, la Chine doit sa prospérité d'aujourd'hui
notamment à l'instauration d'une économie de marché socialiste,
c'est-à-dire que "l'on construit l'écomomie libérale sous la
direction du Parti communiste chinois". "Pas de multipartisme aux
relents occidentaux. Pas de bavardage sur certaines questions
historiques". Voilà l'expérience chinoise ayant permis aux Chinois
de vivre en paix et de préserver la stabilité du pays, a-t-il
indiqué, ajoutant que les Chinois sont libres de s'investir dans
les domaines souhaités, à condition que tout le monde se conforme
aux lois.
L'Afrique peut beaucoup
faire avec la Chine
A propos des perspectives de
développement de l'Afrique, le doyen des écrivains africains a
proposé aux dirigeants des pays d'Afrique de travailler avec la
Chine en particulier dans les domaines de l'agriculture et de
l'industrie. L'Afrique peut réaliser de vastes projets d'irrigation
et augmenter la production céréalière avec du matériel chinois qui
coûte beaucoup moins cher que les machines fabriquées ailleurs,
a-t-il fait remarquer, avant de citer la culture de riz. Selon lui,
les repiqueuses de riz, de fabrication chinoise, sont deux fois
moins chères que les produits de même qualité importés d'autres
régions. Les tracteurs chinois aussi sont à la portée de
différentes bourses africaines.
Sur le plan industriel, il a estimé
que la transformation sur place des matières premières pourrait
bénéficier du concours des Chinois. "Il suffit que les dirigeants
africains en manifestent la volonté". "La Chine ne fait pas
seulement des stades et des palais en Afrique, mais aide également
les pays africains à s'industrialiser, à l'exemple des usines
construites par la Chine au Mali. Les cinq usines textiles
réalisées par les Chinois au Mali il y a plus de 30 ans
fonctionnent toujours bien. Plus de 1 700 Maliens y travaillent en
permanence", a-t-il rappelé.
"L'Afrique regorge de ressources
minières. Nous avons du fer, de la bauxite, du pérole, etc. Au lieu
d'importer ces produits à des prix exorbitants, nous devons les
exploiter. Comment voulez- vous que l'on s'en sorte si le paysan
malien, par exemple, achète de l'engrais plus cher que
l'agriculteur de la Californie? Les engrais, nous pouvons le faire.
Et nous le ferons avec la Chine", a-t-il dit.
M. Seydou Bodian n'avait pas l'ombre
d'un doute sur la possiblité de réduire le taux de chômage des
jeunes Africains et de freiner l'émigration clandestine, si les
pays africains travaillent en collaboration avec la Chine dans tous
les domaines. "Tant que nous sommes soumis au diktat des
institutions de Bretton Woods, nous ne bougeons pas", a-t-il
martelé. Et de conseiller aux dirigeants africains de tourner sans
tergiverser vers la Chine et de bénéficier de l'expérience chinoise
pour l'émergence de l'Afrique au 21e siècle.
xinhuanet 2006/10/20
|