C'est une grande cape imperméable
bleue sans impression. Rien d'extraordinaire à première vue.
Pourtant, la magie artistique surgit lorsque 12 personnes se
glissent sous le vêtement déplié… La cape bleue, alors,
émerge...
La forme ressemble à un epiphyllum
en floraison tandis que les personnes sous la cape bleue paradent à
la section de Jinshanling de la Grande Muraille au nord de Beijing.
Cette cape exprime la paix sur cette ancienne forteresse qui
autrefois repoussa les invasions.
La « fleur » est, néanmoins, érodée,
fanée momentanément quand les artistes s'arrêtent de bouger.
« C'est mon monument éphémère vivant
: un monument de paix et d'harmonie » déclare Nicola L., artiste
français de 65 ans qui a dirigé la performance avec la
participation volontaire de 12 Chinois. « Ce que j'essaye de dire,
c'est que des gens avec des cultures différentes et nés dans
différents pays peuvent fumer le calumet de la paix ensemble,
Français ou Chinois, nous vivons tous sur la même planète. »
L'art de l'artiste conceptuel est
loin de la compréhension de Yu Lichun, jeune vendeur de 29 ans sur
la Grande Muraille, qui a plus l'habitude de regarder les monuments
sous forme de statues, concrètes et visibles, et intouchables,
érigés en la mémoire d'un personnage illustre ou d'un
événement.
« De l'art, ça ? je ne vois pas ! »
dit-il de la performance, tapant du pied le sol couvert de neige
comme pour essayer de chasser le froid. Pourtant, il apprécie le
spectacle : « Il doit faire chaud à l'intérieur de cet immense
imperméable », remarque-t-il.
La cape, qui a été dévoilée sur la
Grande muraille le 3 janvier dernier était un événement de l'année
de la culture française, qui a débuté en octobre 2004 et finira en
juillet 2005, pour célébrer le 40ème anniversaire de
l'établissement des relations diplmatiques entre la Chine et la
France.
Amusé par la remarque de Lu, Ling
Fei, directeur de l'Association de promotion pour la culture
Occidentale et Orientale basée à Paris, qui a coorgansié
l'événement, estime que l'ambition est de donner au public chinois
une idée de ce que peut être l'art conceptuel français au public
chinois.
« Cet art n'est pas fixe, comme la
peinture et la sculpture », explique-t-il, « il souhaite
transporter une idéee ou un concept au spectateur.»
Nicola veut diffuser des idées qu'il
revendique comme la paix et l'harmonie. Un des participants chinois
admire la grande cape bleue, se voulant une association de calme et
de paix, face à la Grande Muraille, un vestige de protection
guerrière, les deux néanmoins en harmonie en dépit de leur
contraste.
Zhang Dong, une artiste de 40 ans
qui travaille dans l'art et la performance en Chine depuis des
décennies y décèle autre chose : « la performance, qui a émergé en
Occident dans les année 60 est une expression créative d'un artiste
qui porte différentes significations pour différents spectateurs »,
dit il.
Commençant sa carrière d'artiste en
utlisant des habits géants dès 1969, Nicolas a commencé sa série
des « Habits bleus » en juillet 2000 et a visité le monde avec : La
Havanne, Venise, Genève, Los Angeles, et toujours avec des locaux
prenant part volontairement à sa création.
Dans tous les lieux, Nicolas demande
aux participants les mêmes questions : quels sont, selon eux, les
grandes personnalités de l'année, les événements les plus
marquants?
En faisant cela, dit-il, je veux
savoir ce que les gens pensent dans les différents pays que je
traverse, je veux savoir ce qui se passe dans le monde.»
China.org.cn 2005/03/04
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