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Beijing prévoit de fournir des technologies de pointe à l'Afrique pour lutter contre le changement climatique

French.china.org.cn | Mis à jour le 03. 12. 2021 | Mots clés : Beijing, changement climatique

La Chine et l'Afrique se sont engagées dans une déclaration commune à approfondir leur coopération sur le changement climatique, annonçant une série de technologies de pointe qui seront fournies par la Chine pour aider l'Afrique à faire face aux problèmes liés au changement climatique.

 

Des experts ont salué ce partenariat, le qualifiant de prometteur et pratique, et ont exhorté les États-Unis et d'autres pays développés « à faire davantage que prononcer des paroles en l'air, à fournir des fonds, à lever les restrictions technologiques et à tenir leurs promesses ».

 

Les deux parties ont adopté mardi une déclaration sur la coopération en matière de changement climatique lors de la 8e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

 

Les deux parties se sont engagées à établir un partenariat stratégique sino-africain sur le changement climatique dans la nouvelle ère, dans le cadre duquel elles élargiront leur coopération, notamment dans les domaines de l'énergie propre, de l'utilisation de la technologie aérospatiale pour résoudre les problèmes climatiques, de l'agriculture, de la foresterie, des infrastructures à faible émission de carbone, de la construction, de la surveillance et de la prévision météorologiques, ainsi que de l'atténuation des catastrophes.

 

La Chine soutiendra le mouvement de la Grande Muraille Verte avancé par l’Afrique en déployant des technologies de pointe visant à améliorer les capacités du continent en matière de secours en cas de catastrophe et d'adaptation rapide au changement climatique. Parmi ces technologies figureront notamment le système chinois d'observation de la Terre à haute résolution (CHEOS), le système de navigation par satellite BeiDou (BDS), et les satellites météorologiques Fengyun.

 

Les technologies aérospatiales de la Chine ont déjà été largement appliquées pour aider l'Afrique dans la surveillance météorologique et l'adaptation au changement climatique.

 

Lorsque le cyclone tropical Idai, l'un des pires jamais enregistrés à avoir frappé l'Afrique et l'hémisphère sud, a touché terre au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi en mars 2019, provoquant une série de catastrophes secondaires telles que des crues éclair, des coulées de boue et des glissements de terrain, les satellites météorologiques chinois Fengyun ont permis un suivi et une surveillance en temps réel des catastrophes et ont fourni une plateforme d'application météorologique aux pays touchés.

 

Dès 2013, la Chine a commencé à mettre en œuvre une assistance météorologique à des pays tels que les Comores, le Zimbabwe, le Kenya, la Namibie, le Cameroun et le Soudan. La Chine a construit 42 stations météorologiques automatiques, 100 systèmes d'observation météorologique artificiels, 5 localisateurs d'éclairs, 2 systèmes de réception et de traitement de données satellitaires Fengyun-3, ainsi que plus de 10 700 radios d'avertissement météorologique. La Chine a également envoyé du personnel en Afrique pour installer et déboguer les équipements ainsi que former les habitants locaux, a rapporté China Pictorial.

 

La Chine a mis en œuvre plus de 100 projets d'énergie propre en Afrique, aidant le continent à mieux utiliser son énergie solaire, son énergie hydroélectrique, son énergie éolienne, son biogaz et d'autres sources d'énergie renouvelables, indique la déclaration commune.

 

Lin Boqiang, directeur du Centre chinois de recherche sur l'économie de l'énergie à l'Université de Xiamen, a déclaré jeudi au Global Times que la coopération entre la Chine et l'Afrique sur le changement climatique était très prometteuse, car l'Afrique possède de riches ressources naturelles en énergie propre, telles qu'un ensoleillement et du vent suffisants, tandis que la Chine dispose de la technologie nécessaire pour la production d'énergie éolienne et photovoltaïque et de véhicules électriques pour soutenir l'utilisation rentable de ces ressources.

 

« Bien que l'Occident dispose des fonds et des technologies pour atteindre les objectifs d'émission de carbone, ces derniers sont tous trop coûteux et peu pratiques pour les pays africains. Cependant, la Chine, en tant que plus grand pays en développement au monde, a trouvé une voie différente pour atteindre l'objectif le plus approprié pour le monde en développement », a avancé M. Lin.

 

La déclaration commune a en outre souligné la nécessité pour les pays développés de remplir leurs obligations de financement afin d’aider les pays en développement, en particulier les pays africains, à faire face au changement climatique, ainsi que de s'efforcer de combler le vide dès que possible avec les 100 milliards de dollars annuels promis d'ici 2020.

 

Ayant échoué à tenir ses promesses, l'émissaire américain pour le climat John Kerry a toutefois déclaré mercredi que les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre comme la Chine, l'Inde, la Russie, l'Afrique du Sud et d'autres devaient agir plus rapidement pour aider le monde à éviter le pire impact du réchauffement climatique, a rapporté Reuters.

 

Il a indiqué que les engagements des gouvernements de ces pays à réduire les émissions de dioxyde de carbone et de méthane étaient « insuffisants », ajoutant que Washington était engagé avec certains de ces pays en développement pour les aider à réduire leurs émissions, via par exemple l'accord conjoint avec la Chine signé le mois dernier.

 

Zhou Dadi, directeur de l'Institut de recherche énergétique de l'Institut chinois pour l'innovation et la stratégie de développement, a souligné que malgré la signature de nombreux protocoles par la Chine et les États-Unis sur la coopération en matière de changement climatique, beaucoup d'entre eux ont été abandonnés à mi-chemin avec le changement de gouvernement américain.

 

Une coopération plus concrète, en particulier sur les technologies, devrait recevoir une plus grande attention alors que les deux pays sont confrontés à des défis similaires en matière de transition à faible émission de carbone, a appris jeudi le Global Times lors de la conférence « Understanding China (Guangzhou) 2021 ».

 

« Cependant, les États-Unis mettent de nombreux obstacles au partage de technologies. Des technologies rétrogrades ne peuvent pas résoudre le problème de la transition à faible émission de carbone ; ainsi, la Chine et les États-Unis ne devraient pas s'engager dans une concurrence indépendante, divisée et fermée », a déclaré M. Zhou.

 

« La Chine n'a pas peur d'un blocus. En termes de méthodes d'innovation traditionnelles, plus il y a de domaines bloqués, plus la Chine finira par les développer par elle-même. Cependant, une telle approche, dans laquelle chaque pays délimite son propre marché et fait à sa manière, réduira sa compétitivité, sa comparabilité et sa sélectivité », a soutenu M. Zhou.

 

Dans un document publié par l'Académie chinoise des sciences sociales, des chercheurs chinois ont appelé à une plus grande attention à l'impact du changement climatique sur l'Afrique. Alors que l'Afrique n'émet que moins de 5% des émissions mondiales totales de gaz à effet de serre, elle porte le plus lourd fardeau en termes d'impact associé, selon le document.

 

De 1951 à 2020, les températures du continent ont augmenté plus rapidement que la moyenne mondiale, et l’Afrique devrait connaître des températures extrêmement chaudes et des précipitations plus fréquentes et plus intenses dans le futur. Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que l'Afrique subsaharienne a subi des pertes économiques directes de plus de 520 millions de dollars par an depuis le début du XXIe siècle en raison du changement climatique.


 


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Source:french.china.org.cn