![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
[A A] |

Xie Zhenhua, le négociateur en chef de la Chine sur le changement climatique
Avec l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris le 4 novembre et la Conférence sur le changement climatique ayant débuté le 7 novembre à Marrakech au Maroc, les négociateurs et les experts chinois sur le changement climatique visent la mise en œuvre de l'Accord de Paris.
Signé l'année dernière lors de la Conférence sur le changement climatique, l'Accord de Paris attend des pays qu'ils limitent la hausse moyenne des températures mondiales de 2 °C, tout en visant une augmentation de 1,5 °C comparée aux niveaux préindustriels. Les pays doivent réduire leurs émissions de dioxyde de carbone, qui constituent la plus grande source du changement et de la vulnérabilité climatique.
Mardi, Xie Zhenhua, le négociateur en chef de la Chine sur le changement climatique, a indiqué lors d'une conférence de presse, que celle de cette année serait une « conférence de mise en œuvre ».
Selon lui, la Conférence de Marrakech apportera des plans détaillés pour mettre en œuvre ce qui a été accompli lors de la conférence de l'année dernière : « Elle appellera également les pays à répondre à leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique avant 2020, notamment l'engagement des pays développés à fournir 100 milliards de dollars [89 milliards d'euros] par an aux pays en développement, ainsi qu'à mettre en œuvre les contributions prévues décidées au niveau national (INDC pour Intended Nationally Determined Contributions) pour chaque pays » ajoute celui qui est également vice-ministre de la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR).

Zou Ji
Zou Ji, qui est un expert climatique et a participé aux Conférences sur le changement climatique des Nations unies au cours des 19 dernières années, a décomposé la mission de cette année en six parties : l'atténuation, l'adaptation, le financement, la technologie, la transparence et le renforcement des capacités.
« Il est aussi difficile de mettre en œuvre un accord, que de l'atteindre », a-t-il déclaré lors d'une interview jeudi dernier avec China.org.
« Le diable se cache dans les détails »
« On dit souvent que le diable se cache dans les détails. En ce qui concerne la mise en œuvre [de l'Accord de Paris], celle-ci nécessite un véritable effort et des actions concrètes. Les pays devraient continuer à débattre et à négocier dans la conférence de cette année », estime Zou Ji, qui est également le directeur général adjoint du Centre national de stratégie et de coopération internationale sur le changement climatique, basé à Beijing.
L'un des points essentiels des conférences sur le changement climatique est l'argent. L'Accord de Paris stipule que les pays développés doivent « fournir des ressources financières » aux pays en développement pour l'atténuation et l'adaptation au changement climatique.
Les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique d'ici 2020. Cependant, le Fond vert pour le climat, un fond onusien pour la lutte contre le changement climatique, n'a fait état que de 10,3 milliards de dollars de la part des pays développés au mois d'octobre de cette année.
Pour Zou Ji, les pays développés devraient rendre publiques les sommes qu'ils apportent à ce fonds et les méthodes de comptabilité : « Les pays en développement ont appelé à [mettre en place] des fonds utilisés spécifiquement pour lutter contre le changement climatique, plutôt que d'autres fonds à peine liés au changement climatique. Par exemple, l'argent qui a déjà été investi dans la réduction de la pauvreté dans les pays en développement ne devrait pas être considéré comme [faisant partie] des fonds pour le climat. »
Selon lui, l'Accord de Paris nécessite une feuille de route pour ces 100 milliards de dollars. Et cette année, les pays devront travailler sur son ébauche.
« Les questions de financement attirent une grande attention de la part des pays en développement, notamment des pays les moins développés. Si les financements ne se matérialisent pas, cela minera directement le principe de "responsabilités communes mais différenciées" », explique Zou Ji. Ce principe de « responsabilités communes mais différenciées » signifie que, même si tous les pays doivent faire face au changement climatique, les pays en développements et développés ont des responsabilités différentes du fait de leurs différences de contribution aux émissions globales [de GES, les gaz à effet de serre] et de leurs conditions nationales.
Malgré son statut de pays en développement, la Chine continuera à aider les autres pays en développement à revendiquer et à exercer leurs droits à ces fonds, estime Zou Ji.
D'autres questions, telles que le bilan mondial ou le développement et le transfert de technologie, doivent également être abordées cette année et à l'avenir.
Réduction des émissions de carbone en Chine
Mardi, Xie Zhenhua a annoncé lors d'une conférence de presse, qu'entre 2011 et 2015, l'intensité en carbone de la Chine - ou ses émissions en dioxyde de carbone par unité de PIB - avait diminué de 20 %, bien plus que son objectif initial de 17 %. En 2015, la consommation des énergies non-fossiles représentait par ailleurs 12 % de l'énergie primaire, dépassant l'objectif initial de 11,4 %.
Zou Ji attribue ces performances meilleures que prévues à la détermination et aux efforts concrets du gouvernement chinois dans la poursuite d'un développement à faible carbone et la lutte contre le changement climatique, ainsi qu'à la faible croissance économique du pays et à la demande internationale en berne au cours de ces dernières années.
La Chine s'est engagée à ce que le pic de ses émissions carbone survienne en 2030, ce qui serait possible selon Zou Ji, mais nécessiterait d'importants efforts.
Les GES d'aujourd'hui sont le résultat des émissions mondiales accumulées en dioxyde de carbone, qui remontent à plus de deux siècles, à la révolution industrielle. Les pays développés, même s'ils ne représentent que 20 % de la population mondiale, comptent pour 70 % des émissions mondiales cumulées en dioxyde de carbone. Par exemple, les émissions cumulées des Etats-Unis et des états-membres de l'Union européenne entre 1850 et 2012 sont respectivement 2,6 et 2,4 fois supérieures à celles de la Chine.
Zou Ji indique que les pays développés, comme les Etats-Unis, l'Australie et le Canada, ont connu leurs pics d'émissions de carbone au taux élevé de 20 tonnes annuelles par personne, contre 10 tonnes environ pour l'Union européenne et le Japon. Il s'attend à ce que la Chine, qui reste un pays en développement, connaisse son pic aux alentours de 10 tonnes par personne : « Ce sera une grande contribution pour l'humanité dans la lutte contre le changement climatique. »
| Source: french.china.org.cn | ![]() |
|
![]() |
|
||