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L'économie de la Chine face aux défis de 2010

La gestion macroéconomique de la Chine sera mise à l'épreuve en 2010, que ce soit sur le marché intérieur que sur celui de l'extérieur, a indiqué vendredi 26 février le directeur de la Commission d'Etat pour la Réforme et le Développement, Zhang Ping.

Cela concernera en particulier les mesures adoptées par la Chine dans le domaine fiscal et dans celui de la monnaie, a-t-il précisé.

"En ce qui concerne la politique monétaire, si les banques continuent à ouvrir des crédits d'une manière généreuse, cela peut engendrer de l'inflation, mais si le gouvernement resserre trop vite sa politique monétaire, l'économie peut retomber dans une phase de récession", a indiqué Li Daokui, le directeur du Centre d'études sur la place de la Chine dans l'économie mondiale de l'Université Tsinghua.

En 2009, les banques chinoises ont prêté 9 600 milliards de yuans (1 400 milliards de dollars), ce qui était un montant sans précédent, presque le double des prêts consentis en 2008 et près de la moitié de la production intérieure brute de 2009.

Cette année, par crainte de la constitution de bulles spéculatives et la présence d'emprunts toxiques, les autorités de contrôle des banques ont commencé à freiner la création de nouveaux prêts. Au début du mois de février, dans un effort de réduire le montant des nouveaux prêts accordés par les banques, la banque centrale (la Banque populaire de Chine, PBOC) a augmenté de 0,5% le taux des réserves obligatoires.

D'après la BPOC, les nouveaux crédits accordés en janvier ont totalisé 1 390 milliard de yuans, en baisse de 230 milliards sur janvier 2009, et le président de la Commission de contrôle des banques, Liu Mingkang, a annoncé qu'en 2010 le gouvernement souhaitait restreindre la masse des nouveaux crédits à 7 500 milliards de yuans (environ 1 100 milliards de dollars).

Le vice-président de la Commission d'Etat pour la Réforme et le Développement, Zhang Xiaoqiang, met cependant en garde. Pour lui, trop de financements dirigés vers le secteur nationalisé engendrent une raréfaction des crédits offerts au secteur privé et une surcapacité dans certains seceurs comme celui de la sidérurgie.

Le vice-secrétaire général de la Fondation chinoise de recherches sur le Développement, Tang Min, est du même avis: "Il existe des incertitudes concernant la croissance et la restructuration de l'économie de même qu'en ce qui touche au plan de relance par la fiscalité".

Les dépenses publiques du gouvernement central ont atteint 924,3 milliards de yuans en 2009, soit 503,8 milliards de plus que celles figurant au budget 2008, souligne le ministre des Finances, Xie Xuren.

Pour faire face aux problèmes qui se posent, les mesures d'ordre fiscal s'attacheront d'abord à stimuler la consommation et à favoriser le développement de nouveaux secteurs économiques comme celui des énergies nouvelles, a précisé le ministre lors de la Conférence centrale de travail sur l'économie qui s'est tenue le mois dernier.

A cette occasion, il a également souligné que dans le but de soutenir la consommation dans les zones rurales, le gouvernement augmenterait les prix d'intervention sur les produits agricoles et réduirait les taxes sur les équipements d'électroménager vendus dans les zones rurales.

Le ministre des Finances a rappelé que l'an passé, c'est par des réductions de taxes totalisant 500 milliards de yuans que la consommation avait été soutenue, en particulier les ventes d'automobiles qui avaient atteint 130 millions d'unités, en hausse de 38,5% par rapport à 2008.

A l'avenir, le gouvernement subventionnera les entreprises de haute technologie en bonifiant les taux de leurs emprunts et en réduisant leur taux d'imposition, a poursuit Xie Xuren.

Toutefois, en dehors des problèmes d'ordre intérieur, des incertitudes sur les marchés internationaux peuvent également peser sur l'économie chinoise.

La crise financière mondiale et celle des finances publiques de plusieurs pays européens peuvent engendrer une réduction de la demande internationale pour les exportations chinoises, explique Zhen Liansheng, un chercheur de l'Institut d'économie et de politique international de l'Académie chinoise des Sciences Sociales.

 

Agence de presse Xinhua     2010/02/26

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