Le député Mei Baojiu: La réforme de l’opéra de Pékin doit respecter les règles artistiques de cet opéra


Mei Baojiu, 68 ans, célèbre acteur et fils de Mei Lanfang, grand maître de l’opéra de Pékin, dégage, dans ses gestes, un charme spécial propre à l’acteur de théâtre.

A propos de l’actuelle situation de l’opéra de Pékin, Mei Baojiu a dit: “Jiang Zemin, secrétaire général du Parti, Zhu Rongji, premier ministre et Li Ruihuan, président de la Conférence consultative politique du Peuple chinois prêtent une attention particulière à l’opéra de Pékin, parce qu’ils sont passionnés pour cet art théâtral ; en outre, ils peuvent chanter quelques morceaux d’opéra. Ces dernières années, des jeunes gens rejettent l’opéra de Pékin ; cela provient d’une diffusion plus faible des connaissances historiques et culturelles sur la Chine. Pour comprendre les paroles de l’opéra de Pékin, on doit avoir un certain niveau littéraire. J’estime que toutes les formes artistiques doivent se développer selon le principe “Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent”. Je suis un acteur de l’opéra de Pékin, mais je ne considérerai pas celui-ci comme une œuvre artistique supérieure ni chercherai à déprécier les autres formes artistiques. En effet, j’aime les autres genres de théâtres de la Chine aussi bien que l’opéra de Pékin. Quant à l’opéra étranger, je l’aime également. Outre l’opéra de Pékin, la Chine possède beaucoup de trésors artistiques dont les étrangers sont friands. Selon eux, la Grande Muraille, le Palais d’Eté et l’opéra de Pékin sont les trois buts de leur visite en Chine. L’opéra de Pékin peut produire de la nostalgie chez des Chinois résidant à l’étranger, en même temps, il est aussi une vitrine grâce à laquelle les étrangers arrivent à percevoir la culture chinoise. Selon eux, celle-ci a un contenu riche et digne de recherche. Je suis convaincu que représentant la quintessence de la culture chinoise, l’opéra de Pékin se développera.”

“Dans la société d’aujourd’hui, les réformes touchent tous les domaines, est-ce que l’opéra de Pékin a lui aussi besoin d’une réforme?” A cette question, Mei Baojiu a répondu en ces termes: “La réforme est sans doute nécessaire, mais elle ne doit pas être aveugle. Elle doit agir avec un objectif précis, en respectant la loi de développement de l’opéra de Pékin. Pour réformer l’opéra de Pékin, on doit, comme nos prédécesseurs, faire des efforts dans l’interprétation, en créant de nouveaux effets et rejetant ce qui est révolu. On doit mettre l’accent sur le chant, le récit, la gestuelle et les exercices acrobatiques. Les efforts et les ressources financières doivent être surtout consacrés à l’interprétation des acteurs, sans faire trop de frais dans les autres domaines. Certes, l’opéra de Pékin a besoin de décor et d’éclairage. Mais il faut retenir que ‘dans une pièce moderne, l’interprétation est fournie par le décor”, tandis que pour l’opéra de Pékin au contraire, ‘le décor est issu de l’interprétation”. Si l’on concentre tous les efforts sur le décor, on affaiblit le rôle d’interprétation ; c’est ce qu’on appelle ‘L’accessoire prend le pas sur l’essentiel’. L’opéra de Pékin est un art scénique. Si l’on place les efforts dans les domaines qui ne concernent pas l’interprétation ou les aspects secondaires de l’interprétation, où est la vitalité de l’opéra de Pékin? Les acteurs se demandent souvent: Pourquoi les pièces données aujourd’hui sont moins dynamiques que celles de nos prédécesseurs ; pourquoi ces dernières peuvent encore briller de tout leur éclat pendant des dizaines et même une centaine d’années? D’après moi, l’opéra de Pékin est centré sur l’interprétation, non sur le décor et l’éclairage. L’opéra de Pékin est un art propre à l’acteur, non un art de pinceau et d’encre, encore moin un art décoratif. Au lieu de faire des efforts dans la technique d’interprétation, on met l’accent sur le décor, en dépensant d’énormes sommes d’argent ; est-il possible alors de maintenir ce genre de pièces? L’opéra de Pékin ne pourra se perpétuer que si l’on respecte ses règles artistiques et adopte le principe de nos prédécesseurs ‘se déplacer sans changer de forme’”